États-Unis : une enquête recense plus de 25 000 étrangers expulsés vers des pays tiers
13:02, 21/09/2026, lundiM: Mise à jour: 13:03, 21/09/2026, lundi
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Capture vidéo / @le20hfranceteleX
Ces expulsions s'inscrivent dans le cadre d'accords bilatéraux signés avec plusieurs dizaines d'États, dont 35 avaient initialement conclu des arrangements avec Washington.Plus de 25 000 étrangers ont été expulsés des États-Unis vers des pays tiers dans le cadre d'accords conclus avec 35 États, selon une enquête du consortium Forbidden Stories publiée lundi.
L'ampleur des expulsions
Selon une enquête du consortium international de journalistes Forbidden Stories rendue publique lundi et relayée notamment par Radio France, l'administration américaine a transféré plus de 25 000 ressortissants étrangers vers des pays tiers au cours des derniers mois.
Ces expulsions s'inscrivent dans le cadre d'accords bilatéraux signés avec plusieurs dizaines d'États, dont 35 avaient initialement conclu des arrangements avec Washington.
D'après les données recueillies, 28 de ces nations ont effectivement mis en œuvre ces protocoles d'ici au 31 août 2026.
Par ailleurs, l'enquête précise qu'environ un tiers des pays impliqués se situent sur le continent africain, soulignant la dimension géographique diversifiée de cette politique migratoire.
Un bureau dédié à la "remigration"
Les investigations mettent en lumière la création d'un bureau spécifiquement consacré à la "remigration", établi par l'administration Trump en mai 2025.
Cette structure, dotée d'un budget de 410 millions de dollars, constitue le principal vecteur d'exécution de ces expulsions massives vers des territoires étrangers.
Ce mécanisme institutionnel vise à accélérer le processus d'éloignement des étrangers visés par des mesures d'expulsion. Il permet de les rediriger vers des pays tiers ayant accepté de les recevoir, indépendamment de leur nationalité d'origine.
Contreparties opaques et transactions financières
Les modalités exactes des accords conclus avec les pays d'accueil demeurent partiellement opaques. Toutefois, certaines transactions ont pu être documentées par les enquêteurs, notamment des programmes de développement maintenus ou créés au Cameroun pour faciliter ces accords.
De plus, plusieurs États ont directement perçu des financements en échange de leur coopération. L'Eswatini aurait ainsi reçu cinq millions de dollars pour l'accueil de 32 personnes, tandis que la République des Palaos, dans le Pacifique, aurait également bénéficié de fonds américains.
En outre, la conclusion de certains de ces arrangements diplomatiques aurait été suivie d'un assouplissement des restrictions américaines. Ces mesures touchent notamment les visas ou les droits de douane pour les pays concernés, créant ainsi un lien direct entre coopération migratoire et avantages commerciaux.
Une investigation de grande ampleur
Cette enquête de Forbidden Stories a mobilisé pendant six mois 72 journalistes issus de 23 médias répartis dans 15 pays différents. Ces derniers ont réalisé une centaine d'entretiens pour documenter ces pratiques migratoires et leurs implications diplomatiques.
Selon la même source, les autorités américaines sont restées silencieuses face aux révélations du consortium. Aucun communiqué officiel ni réaction des porte-parole de la Maison Blanche n'a été enregistré à ce stade, laissant les conclusions du rapport sans démenti formel.
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