Hongrie : le "juge qui a dit non" à Orban candidat présidentiel
17:14, 08/08/2026, samedi
AFP

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Le "juge qui a dit non" à Orban candidat présidentielLe groupe parlementaire Tisza a désigné samedi Andras Baka, ancien président de la Cour suprême destitué par Viktor Orban en 2012, comme candidat à la présidence de la République, ont indiqué les députés du parti du Premier ministre Peter Magyar.
Un symbole de la résistance au pouvoir
Le Parlement hongrois, monocaméral, doit élire mardi le successeur du président Tamas Sulyok, allié de Viktor Orban dont le mandat a été écourté par amendement constitutionnel. Cette destitution s'inscrit dans la volonté de Peter Magyar, conservateur proeuropéen vainqueur des élections d'avril après seize ans de règne nationaliste, de desserrer l'emprise de son prédécesseur sur les institutions d'État.
"Nous désignons le Dr Andras Baka, ancien président de la Cour suprême, comme candidat à la présidence de la République de Hongrie",
a annoncé dans un communiqué le groupe parlementaire Tisza, largement majoritaire à l'Assemblée nationale. Connu comme "le juge qui a dit non"
à Viktor Orban, Andras Baka avait été destitué de la présidence de la Cour suprême du jour au lendemain en 2012 pour avoir dénoncé comme une purge déguisée l'abaissement de l'âge de départ à la retraite des juges, ramené de 70 à 62 ans.Un conflit judiciaire devenu européen
La Cour de justice de l'Union européenne avait jugé cette réforme contraire au droit communautaire et les États-Unis s'étaient également mobilisés, sans faire reculer le dirigeant nationaliste. En 2016, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a donné raison à M. Baka, estimant que sa mise à l'écart visait à intimider l'ensemble du corps judiciaire hongrois.
"Tout au long de son parcours, le Dr Andras Baka a accordé une importance particulière au principe de la séparation des pouvoirs et a toujours défendu avec constance l'État de droit et l'indépendance de la justice",
a souligné le groupe Tisza. Selon la même source, "l'expérience"
et "l'indépendance professionnelle"
du magistrat constituent "des atouts particulièrement précieux"
pour établir "un nouvel ordre constitutionnel en Hongrie".Procédure électorale et boycott annoncé
Le choix de M. Baka, âgé de 73 ans, résulte d'un vote à bulletin secret des élus Tisza après entretiens avec dix candidats et la présentation de trois finalistes par la direction du parti. Par ailleurs, Peter Magyar avait proposé en juillet ce poste à la légende des échecs Judit Polgar, qui avait décliné l'offre en raison de critiques sur l'absence de consultation publique préalable.
M. Baka devrait être le seul candidat mardi, une nomination nécessitant le soutien d'un cinquième des 199 membres du Parlement hongrois. Toutefois, le parti Fidesz de Viktor Orban et son allié démocrate-chrétien KDNP ont annoncé leur intention de boycotter le vote pour protester contre le sort réservé à Tamas Sulyok. En Hongrie, le président occupe une fonction essentiellement protocolaire, le pouvoir exécutif réel revenant au Premier ministre.
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