Présidentielle 2027 : premier débat économique devant le Medef

La rédaction avec
12:35, 28/08/2026, vendredi
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Présidentielle 2027 : premier débat économique devant le Medef
Thomas SAMSONX
Le fondateur et président du parti de droite français "Horizons", le maire du Havre Édouard Philippe (4e à droite), s'exprime aux côtés (de gauche à droite) du président du parti de droite français "Les Républicains"(LR) Bruno Retailleau, du coprésident du parti de centre-gauche français "Place publique" (PP) Raphaël Glucksmann, de la présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national Marine Le Pen et du fondateur du parti de gauche français "La France Insoumise" (LFI) Jean-Luc Mélenchon, la secrétaire nationale du parti de gauche français "Les Écologistes", Marine Tondelier, et le secrétaire général du parti centriste français "Renaissance", Gabriel Attal, lors d’un débat opposant sept candidats à l’élection présidentielle française de 2027, à l’occasion de la deuxième journée du salon La REF 2026 réunissant des entrepreneurs français, organisé par le MEDEF, sur le court Chatrier du complexe de Roland-Garros à Paris, le 27 août 2026.

Les principaux candidats à l'élection présidentielle française de 2027 ont confronté leurs programmes économiques jeudi à Paris lors d'un débat organisé par le Medef, abordant dette, retraites et compétitivité.

Un premier face-à-face sur fond de crise économique

Les principaux candidats déclarés à l'élection présidentielle française de 2027 se sont réunis jeudi à Paris pour un premier grand débat consacré aux questions économiques, selon l'agence Anadolu.

Cette rencontre, organisée par le Mouvement des entreprises de France (Medef) au stade de Roland-Garros, a opposé pendant près de trois heures Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Bruno Retailleau et Marine Tondelier devant une audience de chefs d'entreprise.

Les échanges ont porté sur la dette publique, les retraites, la réindustrialisation, le coût du travail, la simplification administrative et la fiscalité, mettant en lumière des divergences structurelles sur la gestion des finances publiques et la relance de l'économie hexagonale dans un contexte de forte incertitude budgétaire.

Dette publique : l'appel à l'annulation de Mélenchon suscite la polémique

Jean-Luc Mélenchon a relancé sa proposition controversée d'annuler une partie de la dette publique française détenue par la Banque centrale européenne (BCE), une mesure qu'il estime nécessaire pour désendetter le pays, tout en appelant par ailleurs à la fin des aides publiques aux entreprises sans contrepartie.
Cette suggestion a immédiatement provoqué des réactions hostiles parmi ses adversaires.
"Vous expliquez qu'on va brûler la dette et vous allez faire en sorte que la France finisse interdit bancaire"
, lui a lancé Édouard Philippe, candidat Horizons et ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, en évoquant le risque de défaut de paiement.
Par ailleurs, Raphaël Glucksmann a répondu aux critiques formulées par Édouard Philippe et Gabriel Attal en estimant qu'il était
"assez étonnant de se prendre des leçons sur la dette de la part de deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron"
qui ont selon lui creusé le déficit.
De son côté, Marine Le Pen a annoncé qu'elle présenterait prochainement, avant le prochain débat budgétaire au Parlement, une trajectoire de redressement des finances publiques s'appuyant sur 125 milliards d'euros d'économies.

Elle n'a toutefois pas détaillé immédiatement tous les leviers de cette réduction budgétaire. Toutefois, Bruno Retailleau a également placé la réduction de la dépense publique au centre de son projet, évoquant notamment la suppression de 250 000 à 300 000 postes de fonctionnaires sur la durée du prochain quinquennat, une mesure qu'il juge indispensable pour rétablir l'équilibre des comptes publics.

Retraites : des visions opposées sur l'âge de départ

La question des retraites a fortement divisé les participants, révélant des philosophies divergentes sur la valeur travail et la protection sociale. Bruno Retailleau a proposé de lier mécaniquement l'âge de départ à l'espérance de vie, estimant qu'aucun redressement sérieux des finances publiques ne pouvait faire l'économie d'une réforme des retraites profonde.

Marine Le Pen a défendu un dispositif permettant aux personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans de partir à 60 ans, avant une convergence progressive vers 42 années de cotisations et un âge légal de 62 ans.

En outre, Jean-Luc Mélenchon a plaidé pour un retour dans un premier temps à 62 ans, puis le plus vite possible à 60 ans, rejetant catégoriquement toute extension de la durée d'activité au-delà de ces seuils.

Marine Tondelier, représentante du parti Les Écologistes, a réaffirmé son intention d'abroger la dernière réforme des retraites qui avait fait descendre les Français dans la rue durant les manifestations de 2023.

Tandis que Gabriel Attal a défendu la mise en place d'un nouveau système universel reposant davantage sur la durée de cotisation, évoquant également l'introduction d'une part de capitalisation pour compléter les revenus des futurs retraités.

Édouard Philippe a estimé que les Français devront à terme travailler plus et partir plus tard à la retraite, sans avancer d'âge précis mais en insistant sur la nécessité d'une réforme structurelle pour sauver le régime par répartition.

Réindustrialisation et normes : compétitivité contre protection

Sur la réindustrialisation, Gabriel Attal et Bruno Retailleau ont dénoncé le poids excessif des normes et des procédures administratives qui freinent selon eux l'installation de nouvelles usines sur le territoire national.

Le candidat Renaissance a proposé de limiter dans le temps les recours contre certains projets industriels à 18 mois maximum, afin de donner une visibilité juridique certaine aux investisseurs étrangers et nationaux.

Tandis que son homologue Les Républicains a défendu la suppression pure et simple du principe de précaution, qu'il considère comme un facteur de blocage majeur pour l'industrie française.

Marine Le Pen a dénoncé des listes infinies de normes inutiles et proposé un choc de compétitivité fiscale, accompagné d'une commande publique davantage orientée vers les entreprises présentes en France.

Édouard Philippe a insisté sur l'importance capitale de la compétitivité, liant cette dernière à la maîtrise de la dette, à la souveraineté industrielle, à la stabilité réglementaire et aux infrastructures modernes.

De plus, Jean-Luc Mélenchon a défendu une planification économique verticale évoquant le développement stratégique des filières textile, bois et industrie maritime.

Raphaël Glucksmann a plaidé pour un vaste projet européen autour de l'intelligence artificielle pour rattraper le retard français, tandis que Marine Tondelier a défendu un renforcement du protectionnisme européen et une action immédiate sur le coût de l'énergie qui pèse sur la compétitivité.

Coût du travail et fiscalité : SMIC contre allègements

Sur le coût du travail, Gabriel Attal a promis de revenir sur les hausses de charges intervenues depuis 2024, qu'il considère comme un boulet pour les entreprises et un frein majeur à la création d'emplois.

Édouard Philippe a également proposé de rapprocher davantage les salaires brut et net, tout en réduisant le poids des prélèvements sur le travail dans le financement de la protection sociale.

Bruno Retailleau a promis un allègement massif des charges sociales de l'ordre de 40 milliards d'euros, alors que Marine Le Pen a défendu une baisse des dépenses contraintes supportées par les entreprises, notamment dans le domaine de l'énergie et des transports qui alourdissent les coûts de production.

À gauche, Jean-Luc Mélenchon a directement interpellé les chefs d'entreprise présents sur la question des salaires et de la répartition des richesses.
"Si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession. Ça, c'est votre responsabilité"
, a-t-il lancé devant l'assemblée du Medef.

Par ailleurs, Raphaël Glucksmann a plaidé pour une hausse des salaires sans casser le modèle social français, proposant notamment de réduire la CSG sur les revenus du travail et d'augmenter la fiscalité sur les plus grosses successions pour financer ces mesures.

Marine Tondelier a annoncé vouloir porter le SMIC à 2 000 euros brut mensuel, accompagné d'un plan de soutien spécifique aux très petites, petites et moyennes entreprises pour absorber cette hausse.

Pacte Dutreil et premières mesures présidentielles

Le pacte Dutreil, dispositif fiscal facilitant la transmission familiale des entreprises, a également divisé les candidats et révélé des clivages sur la fiscalité du capital. Édouard Philippe a assuré qu'il ne toucherait
"pas à un cheveu du pacte Dutreil"
, le considérant comme essentiel pour la pérennité des entreprises familiales et la transmission aux nouvelles générations.

Gabriel Attal et Marine Le Pen ont également défendu le maintien du dispositif, cette dernière souhaitant toutefois le conditionner au maintien de la production en France pendant au moins dix ans après la transmission.

Toutefois, Marine Tondelier et Raphaël Glucksmann ont plaidé pour une réforme du mécanisme, estimant qu'il était parfois détourné à des fins d'optimisation fiscale par de grandes fortunes n'ayant pas vocation à reprendre l'activité.

Interrogés en fin de débat sur leur première grande réforme en cas d'élection en mai 2027, les candidats ont présenté des orientations très différentes. Édouard Philippe a annoncé qu'il ferait de la révision du budget et du rétablissement des finances publiques sa priorité absolue dès l'été 2027.

Bruno Retailleau a promis un double choc fiscal et réglementaire et une sortie possible des 35 heures au niveau des entreprises ou des branches professionnelles par accord. Raphaël Glucksmann a défendu un contrat patriotique axé sur la réindustrialisation et la transition écologique.

Pour rappel, ce premier grand débat marque l'entrée de la campagne présidentielle de 2027 sur le terrain économique, avec des lignes de fracture désormais clairement posées entre les différents camps sur la dette, les retraites et le modèle social français.


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