France : l'OCDE révise la croissance à 0,4 % pour 2026
13:05, 23/09/2026, mercredi
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KENZO TRIBOUILLARDAFP
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, observe le déroulement d'une conférence de presse consacrée aux mesures de soutien aux ménages confrontés à la hausse des prix des carburants, au ministère de l'Économie (Bercy) à Paris, le 22 septembre 2026.L'Organisation de coopération et de développement économiques a réduit à 0,4 % sa prévision de croissance pour la France en 2026, niveau le plus faible parmi les quatre principales économies de la zone euro, tandis que l'inflation devrait atteindre 2,5 %, selon son rapport de septembre.
Prévisions revues à la baisse pour la France
Dans son rapport intermédiaire intitulé Surmonter des chocs successifs, publié mercredi, l'institution a diminué de 0,3 point son estimation précédente, fixée à 0,7 %.
Par ailleurs, la prévision d'inflation a été relevée de 0,4 point pour atteindre 2,5 %. Pour l'année 2027, l'organisation anticipe une reprise limitée à 0,7 % de croissance et un ralentissement des prix à 2,1 %.
La France en queue de peloton européenne
Ces prévisions placent la France en dernière position parmi les quatre grandes économies de la zone euro.
Selon les mêmes estimations, l'Allemagne devrait enregistrer une croissance de 1,1 %, l'Italie de 0,9 % et l'Espagne de 2,6 %, tandis que la moyenne de l'ensemble de la zone euro est fixée à 1 %, nettement supérieure aux perspectives françaises.
Ralentissement mondial et tensions énergétiques
À l'échelle mondiale, l'expansion économique devrait ralentir de 3,4 % en 2025 à 2,9 % en 2026, avant de remonter légèrement à 3 % en 2027.
L'économie est restée "résiliente" au premier semestre malgré les conséquences du conflit au Moyen-Orient, a indiqué l'organisation, grâce notamment aux stocks de pétrole, à l'offre provenant de pays extérieurs au Golfe et au dynamisme des activités liées à l'intelligence artificielle. De plus, les aides publiques ont contribué à soutenir l'activité.
L'OCDE table sur un prix du baril de Brent culminant à 105 dollars au quatrième trimestre 2026, tandis que le gaz européen pourrait atteindre 82 euros par mégawattheure.
En outre, l'inflation des pays du G20 devrait s'établir à 4,1 % en 2026, contre 3,4 % en 2025, et atteindre 3 % dans la zone euro cette année pour se situer à 2,9 % en 2027.
Risques géopolitiques et climatiques
L'Arabie saoudite devrait subir la contraction la plus sévère, avec un recul de 1,8 % de son PIB en 2026, soit une révision à la baisse de cinq points par rapport aux prévisions de juin.
L'organisation avertit également que de nouvelles perturbations dans les détroits d'Ormuz ou de Bab el-Mandeb pourraient prolonger la hausse des prix et provoquer des pénuries d'énergie.
Dans un scénario combinant chocs énergétiques, alimentaires et financiers, la croissance mondiale pourrait perdre 0,7 point en 2027, tandis que l'inflation augmenterait de 1,1 point.
Toutefois, un risque climatique supplémentaire pèse sur les perspectives. L'OCDE souligne la possibilité d'un épisode El Niño
"très intense"
entre octobre et décembre 2026, susceptible d'affecter la production agricole et d'accentuer les tensions sur les prix alimentaires.Recommandations budgétaires
Selon la même source, seule la moitié des aides énergétiques actuellement déployées sont ciblées. L'organisation appelle les gouvernements à réserver ces soutiens aux ménages et aux entreprises les plus vulnérables.
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