Dans un communiqué, le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé les travaux du projet baptisé "Sofa 53", alors que les forces israéliennes ont repris leurs opérations de terrassement à l'ouest du village d'Al-Asha, dans la campagne de la province méridionale de Quneitra.
Le ministère syrien considère ces travaux comme une nouvelle violation dans la zone tampon couverte par l'accord de désengagement.
Damas appelle la communauté internationale à agir
" La poursuite de l'approche agressive de l'occupation israélienne, accompagnée d'attaques et d'incursions sur le terrain, constitue une menace directe pour la sécurité et la stabilité régionales et porte atteinte au droit international ", a averti le ministère.
Damas a appelé la communauté internationale à prendre des mesures dissuasives pour mettre fin à ces pratiques et empêcher leur répétition.
Le ministère a également réaffirmé le droit de la Syrie à exercer sa pleine souveraineté sur l'ensemble de son territoire, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations unies.
Il a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales afin de protéger la souveraineté des États et de respecter leurs frontières.
Une route militaire le long de la ligne de séparation
Selon la chaîne syrienne Al-Ikhbariya, le projet comprend des travaux de terrassement ainsi que la construction d'une route militaire le long de la ligne de séparation, dans la zone tampon.
Israël aurait commencé ce projet, également appelé "Great Storm" ou "Sofa 53", à la mi-2022 près de Hader, dans le nord de Quneitra. Les travaux auraient ensuite été étendus à Jabata al-Khashab, Al-Hamidiyah, Al-Qahtaniyah, Ruweihina, Bir Ajam et Bariqa.
Le tracé se poursuit vers le sud à travers Al-Asha, jusqu'au point de jonction des frontières syrienne, jordanienne et israélienne.
Dans le cadre du projet, l'armée israélienne aurait construit une route militaire d'environ huit mètres de large, bordée de remblais atteignant près de cinq mètres de hauteur, selon la chaîne syrienne.
Des postes d'observation et des positions militaires auraient également été établis le long du tracé, à proximité de la ligne de cessez-le-feu dans le Golan occupé.
Des travaux accélérés depuis fin 2024
Selon des sources syriennes, les forces israéliennes auraient avancé de 300 à 1 000 mètres au-delà de la ligne de cessez-le-feu. Les travaux militaires se seraient accélérés à la fin de 2024, notamment après la chute du régime de Bachar al-Assad.
Des habitants avaient auparavant déclaré à Anadolu que l'extension du projet avait rendu impropres à l'agriculture et au pâturage des milliers de dounams de terres agricoles dans la campagne de Quneitra.
Ils ont également fait état de perturbations dans l'écoulement des eaux et d'une modification du paysage naturel de la région.
Israël invoque des considérations de sécurité
Depuis la chute de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024, Israël a intensifié ses opérations militaires en Syrie, notamment avec le déploiement de troupes dans la zone tampon du Golan et dans des positions voisines, selon les autorités syriennes.
La Syrie exige le retrait des forces israéliennes des zones qu'elles ont occupées et maintient son engagement en faveur de l'accord de désengagement de 1974.
Israël affirme pour sa part que ses mouvements sont motivés par des considérations de sécurité.