COP31: la Türkiye vise 35 % d’électricité en 2035
13:33, 29/09/2026, mardi
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Ankara veut porter à 35 % la part de l’électricité dans la consommation énergétique finale mondiale d’ici 2035 et accélérer l’électrification.Dans le cadre de sa présidence de la COP31, la Türkiye veut porter la part de l’électricité dans la consommation énergétique finale mondiale d'un peu plus de 20 % actuellement à 35 % d’ici 2035.
La 31e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, doit permettre à Ankara de promouvoir une coopération internationale renforcée autour de l’électrification.
L’objectif consiste notamment à accélérer le remplacement des combustibles fossiles par une électricité propre dans les bâtiments, les transports et l’industrie.
Cette ambition implique également d’augmenter la production d’énergies renouvelables, de renforcer les réseaux électriques et les capacités de stockage et de faciliter l’accès des pays en développement aux financements nécessaires.
L’électrification au cœur de la transition énergétique
Alkım Bag, directrice du Centre SHURA pour la transition énergétique, a évalué auprès d’Anadolu l’objectif de 35 % porté par la Türkiye dans le cadre de la COP31.
Elle définit l’électrification comme le remplacement des combustibles fossiles par de l’électricité, notamment dans les secteurs fortement consommateurs d’énergie que sont les bâtiments, les transports et l’industrie.
Selon elle, la majorité des nouvelles capacités électriques installées dans le monde ces dernières années provient des énergies renouvelables.
La baisse des coûts et le développement des technologies facilitent également la décarbonation de la production d’électricité. Une électrification plus importante pourrait ainsi contribuer à réduire l’utilisation des combustibles fossiles.
Selon différents scénarios de neutralité carbone, la part de l’électricité dans la consommation énergétique finale devrait atteindre 35 % en 2035 et au moins 50 % en 2050. Avec les politiques actuelles, elle ne dépasserait toutefois pas 25 % en 2035, selon Bag.
"L’électrification est un pont entre les énergies renouvelables et l’économie réelle"
, a-t-elle déclaré, soulignant également ses effets potentiels sur les importations d’énergie, la compétitivité industrielle et la sécurité énergétique.Renouvelables et électrification doivent avancer ensemble
Pour Alkım Bag, l’électrification ne peut pas être considérée séparément du développement des énergies renouvelables.
La hausse de la demande d’électricité doit être accompagnée par une augmentation de la production issue de sources propres. L’efficacité énergétique constitue également un élément essentiel de cette transformation.
Dans les bâtiments, l’industrie et les transports, les mesures d’efficacité énergétique peuvent contribuer à réduire les coûts et les besoins en infrastructures.
La transformation du système électrique nécessite par ailleurs une adaptation des réseaux. L’essor de sources variables comme le solaire et l’éolien modifie les modes de production, tandis que l’électrification transforme les moments et les lieux de consommation.
Bag estime ainsi nécessaire de renforcer la flexibilité des réseaux grâce notamment au stockage par batteries et aux mécanismes de gestion de la demande.
La modernisation et la numérisation des réseaux, ainsi que l’évolution des marchés de l’électricité, font également partie des conditions nécessaires à cette transition.
Des financements et des investissements dans les réseaux
Pour atteindre l’objectif de 35 %, la Türkiye pourrait notamment promouvoir une coalition internationale autour de cette ambition, selon Bag.
Les pays devraient ensuite traduire cet objectif en cibles sectorielles et en feuilles de route pour les transports, les bâtiments et l’industrie.
Les mécanismes de financement et d’incitation joueront un rôle central, tout comme les investissements dans les réseaux et le stockage et le partage des technologies et des connaissances entre les pays.
Bag souligne également la nécessité de maintenir les initiatives lancées lors de la COP31 lors des conférences climatiques suivantes.
Selon elle, la position géographique de la Türkiye et ses relations avec l’Europe, l’Asie centrale et le Caucase peuvent lui permettre de jouer un rôle de pont entre les pays développés et les pays en développement.
La Türkiye pourrait notamment renforcer les coopérations dans les énergies renouvelables, l’électrification, les interconnexions électriques, le commerce transfrontalier d’électricité propre et les chaînes d’approvisionnement en technologies propres.
Les 120 GW de solaire et d’éolien comme autre objectif
La Türkiye vise également 120 gigawatts de capacité installée éolienne et solaire d’ici 2035.
Pour Bag, cette ambition constitue une base importante pour accélérer l’électrification du pays. Mais la question ne consiste plus seulement à augmenter la production d’électricité renouvelable.
"Nous devons nous concentrer sur comment diffuser l’électricité propre que nous produisons à l’ensemble de l’économie"
, a-t-elle déclaré.Elle estime que la COP31 peut servir de levier à la transition énergétique de la Türkiye, notamment grâce à des objectifs mesurables dans les transports, les bâtiments et l’industrie.
L’augmentation de la demande devra toutefois être accompagnée par des investissements dans les réseaux de transport et de distribution, le stockage, la flexibilité de la demande et la numérisation.
Selon Bag, les 120 GW représentent ainsi l’augmentation de l’offre d’électricité propre, tandis que l’objectif de 35 % en 2035 vise à diffuser cette électricité dans l’ensemble de l’économie.
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