Énergie: la Türkiye investit 500 milliards de dollars d'ici 2040
16:10, 05/11/2026, jeudi
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Le ministre turc de l'Énergie Alparslan Bayraktar présente la feuille de route énergétique de la Türkiye à l'horizon 2040.La Türkiye a dévoilé une feuille de route énergétique prévoyant 500 milliards de dollars d'investissements d'ici 2040. Le plan développe le solaire, l'éolien et le nucléaire. Ankara vise aussi l'autosuffisance totale en pétrole et en gaz naturel. Selon le ministre turc Alparslan Bayraktar, le programme doit créer 108 000 emplois directs et réduire fortement la dépendance du pays aux importations étrangères.
La Türkiye change d'échelle dans le domaine de l'énergie. Jeudi, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a dévoilé à Ankara une feuille de route ambitieuse. Elle prévoit
500 milliards de dollars d'investissements
d'ici 2040. Le pays veut produire davantage, développer les renouvelables et le nucléaire, et réduire sa dépendance aux importations.Une feuille de route énergétique de la Türkiye pour 2040
Le plan repose sur trois piliers. Ainsi, Ankara veut renforcer la production nationale. Par ailleurs, elle mise sur les énergies renouvelables et le nucléaire. Enfin, elle cherche à sécuriser son approvisionnement.
La demande d'électricité va fortement augmenter. Selon le ministre, la consommation passera de 365 térawattheures (TWh) en 2025 à 680 TWh en 2040. Les véhicules électriques représenteront 90 TWh de ce total.
En parallèle, Ankara vise une baisse de 40 % de son intensité énergétique primaire entre 2025 et 2040. Cet indicateur mesure l'énergie nécessaire pour produire une unité de richesse. Les mesures d'efficacité devraient générer environ 240 milliards de dollars d'économies.
Au total, cette vision nationale doit créer 108 000 emplois directs, selon Alparslan Bayraktar.
Solaire et éolien: une expansion massive
La puissance électrique installée doit passer de 123 gigawatts (GW) en 2025 à 281 GW en 2040. Cet effort coûtera environ 190 milliards de dollars. Par conséquent, la part des renouvelables dans la capacité installée grimpera de 63 % à 77 %.
Le solaire et l'éolien serviront de moteurs. Le solaire passera de 26 à 112 GW. L'éolien passera de 15 à 63 GW. Ces deux filières demanderont 100 milliards de dollars d'investissements.
Ainsi, leur puissance cumulée atteindra 175 GW. C'est plus de quatre fois le niveau de 2025.
Réseaux électriques et véhicules électriques
Produire plus ne suffit pas. Il faut aussi transporter et distribuer l'électricité. C'est pourquoi le gouvernement consacre 116 milliards de dollars à la modernisation des réseaux.
Dans le transport, la capacité des transformateurs augmentera de 50 %. La longueur des lignes progressera de 30 %. De plus, le programme prévoit 10 000 kilomètres de lignes à courant continu haute tension (HVDC), pour 28 GW de capacité.
Côté distribution, Ankara vise une couverture complète en compteurs intelligents. Elle prévoit aussi des systèmes de supervision et d'acquisition de données (SCADA). Des réseaux urbains en boucle complètent le dispositif.
Enfin, la stratégie d'électrification fixe un cap clair. La Türkiye veut compter 20 millions de véhicules électriques et 1,5 million de points de recharge d'ici 2040.
Le nucléaire appelé à jouer un rôle croissant
La capacité nucléaire doit atteindre 10 GW à l'horizon 2040. Elle s'appuiera sur les centrales d'Akkuyu, de Sinop et de Thrace. Par ailleurs, le pays développera de petits réacteurs modulaires (SMR).
En effet, cette expansion s'inscrit dans une logique de diversification. Ankara veut élargir son bouquet énergétique. Elle cherche aussi à renforcer la sécurité de son approvisionnement.
Vers l'autosuffisance en pétrole et en gaz naturel
Sur les hydrocarbures, l'objectif est ambitieux. La consommation quotidienne de pétrole passera de 993 000 barils en 2025 à 718 000 barils en 2040. L'électrification des transports explique en grande partie cette baisse.
Dans le même temps, la production nationale couvrira 100 % de la consommation pétrolière, contre 15 % aujourd'hui. Ainsi, la Türkiye veut mettre fin à sa dépendance aux importations de pétrole.
Le gaz naturel suit la même logique. La consommation reculera légèrement, de 59 à 57 milliards de mètres cubes. Cependant, la part de la production nationale passera aussi de 15 % à 100 %.
Le pays s'est fixé un objectif de production cumulée de 1,7 million de barils équivalent pétrole par jour.
Les entreprises publiques mobilisent 210 milliards de dollars
Cinq entreprises publiques porteront une grande partie de l'effort. Elles réaliseront ensemble 210 milliards de dollars d'investissements. Voici ces acteurs :
-
TEİAŞ
: la Société turque de transport d'électricité-
EÜAŞ
: la Société de production d'électricité-
Eti Maden
: le groupe minier national-
TPAO
: la compagnie pétrolière nationale-
BOTAŞ
: l'opérateur public de gazoducsCe rôle central de l'État donne de la cohérence au plan. En effet, ces cinq entreprises couvrent toute la chaîne, de la production au transport.
Premier or au Niger: un partenariat tourné vers l'Afrique
Le ministre a aussi évoqué l'Afrique. La Türkiye devrait produire ses premières quantités d'or au Niger dans les prochains jours. Ce projet associe l'entreprise publique Eti Maden et la société MTAIC.
Cette annonce illustre l'ancrage croissant d'Ankara sur le continent africain. De plus, elle montre une coopération fondée sur des projets concrets.
Les chiffres clés à retenir
- 500 milliards de dollars d'investissements d'ici 2040
- 680 TWh de consommation d'électricité en 2040, contre 365 TWh en 2025
- 281 GW de puissance installée, dont 77 % d'énergies renouvelables
- 10 GW de capacité nucléaire
- 20 millions de véhicules électriques et 1,5 million de points de recharge
- 108 000 emplois directs créés
Pourquoi cette feuille de route compte
Cette stratégie dépasse la simple question énergétique. En effet, réduire la dépendance aux importations renforce la souveraineté d'un pays. Un État qui produit son énergie décide plus librement de sa politique.
La Türkiye poursuit ainsi une ligne indépendante. Elle investit dans ses propres capacités, avec ses entreprises publiques. Par ailleurs, elle diversifie ses sources, du soleil au nucléaire.
Cependant, le défi reste immense. Il faudra tenir le calendrier, financer les projets et former des milliers de techniciens. Les prochaines années diront si Ankara atteint ses objectifs.
La Türkiye dessine son avenir énergétique avec des chiffres précis. Elle veut produire plus, importer moins et électrifier ses usages. En résumé, cette feuille de route ancre le pays dans une logique d'autonomie stratégique à l'horizon 2040.
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