Erdogan à New York: l'économie turque tient le cap
12:43, 24/09/2026, jeudi
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DHADHA
Recep Tayyip Erdogan s'exprime devant le Conseil d'affaires turco-américain à la Maison turque de New York.Le président Recep Tayyip Erdogan a présenté à New York le bilan économique de la Türkiye devant le Conseil d'affaires turco-américain. Il vise une inflation d'environ 28 % fin 2026, un déficit budgétaire de 3,1 % du PIB et une dette sous 22 %. Il souligne que les États-Unis sont le premier fournisseur de GNL du pays et plaide pour une coopération stratégique élargie.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a défendu le bilan économique de la Türkiye à New York. Il s'exprimait devant le Conseil d'affaires turco-américain (TAIK), réuni à la Maison turque. Il a promis d'élargir la coopération avec Washington au commerce et à l'économie.
Cette prise de parole intervient à l'approche du centenaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Par ailleurs, elle s'adresse à des investisseurs en quête de partenaires sûrs. Erdogan a remercié la Chambre de commerce américaine, les conseils d'affaires et le Conseil des relations économiques extérieures (DEİK) pour l'organisation de la rencontre.
Économie turque : quatre piliers, selon Erdogan
Le chef de l'État a détaillé son programme économique. Il repose sur quatre piliers: stabilité des prix, discipline budgétaire, équilibre extérieur durable et transformation structurelle. Selon lui, chacun a progressé malgré les guerres survenues dans la région l'an dernier.
Inflation
Erdogan affirme que l'inflation des biens de base a chuté à son plus bas niveau depuis 2020. Celle des loyers atteint son plus bas depuis quatre ans. En revanche, le conflit régional a ralenti le mouvement.
Sans les effets directs et indirects de la guerre, la Türkiye aurait clôturé 2026 autour de 20 %, d'après le président. Dans les conditions actuelles, il prévoit plutôt 28 %. C'est pourquoi il mise sur 2027. Il se dit convaincu que l'année sera encore plus forte en matière de désinflation.
Budget et dette
Pour protéger les citoyens et les producteurs de la hausse des carburants, l'État a réduit certains impôts. Malgré ce manque à gagner, Erdogan assure que la performance dépasse l'objectif budgétaire. Le déficit devrait atteindre 3,1 % du PIB en fin d'année. Il le compare à une moyenne d'environ 6 % dans les pays comparables.
La dette publique offre un autre contraste. Elle reste inférieure à 22 % du PIB en Türkiye, contre 78 % en moyenne dans les pays émergents. De plus, le déficit courant et la dette extérieure restent sous leurs moyennes des vingt dernières années, malgré la flambée des prix de l'énergie.
Productivité, intelligence artificielle et COP31
Erdogan place la productivité au cœur du programme. C'est pourquoi la transformation structurelle y occupe une place centrale. Ainsi, le pays accélère ses investissements dans les infrastructures qui soutiennent l'intelligence artificielle et la transformation numérique.
Dans la santé, le président promet de forts incitatifs aux investisseurs. Ils passeront par une zone industrielle en cours de création à Ankara. Sur le climat, il a rappelé que la Türkiye accueillera la COP31 à Antalya en novembre.
Il a aussi évoqué l'objectif d'une Türkiye
"libérée du terrorisme"
, pour mobiliser le potentiel régional. Selon lui, l'économie ne se contente plus de réagir aux chocs. Elle investit dans la résilience, la productivité et la sécurité économique.GNL américain
Erdogan veut que l'harmonie politique se reflète dans les relations commerciales. Il cite des accords majeurs, récemment finalisés dans l'énergie et l'aviation. Aujourd'hui, les États-Unis sont le premier fournisseur de gaz naturel liquéfié (GNL) de la Türkiye. Le pays figure ainsi en tête des États européens qui choisissent les ressources américaines.
Le président ambitionne d'étendre cette coopération à tout le secteur énergétique, nucléaire compris. Par ailleurs, il juge insuffisant de lire les liens économiques à travers les seuls chiffres du commerce. Il plaide pour un modèle de coopération économique stratégique.
Cinq mutations régionales à l'horizon
Erdogan estime que cinq transformations s'accéléreront avec la fin des conflits:
1. Chaînes d'approvisionnement:
les entreprises cherchent désormais le lieu le plus sûr, pas le moins cher. Il met en avant l'union douanière avec l'Union européenne.2. Routes énergétiques:
de Bakou-Tbilissi-Ceyhan à la TANAP, la Türkiye se présente comme le corridor le plus sûr.3. Corridors commerciaux:
le corridor médian Asie-Europe et la Route de développement Golfe-Europe se croisent en Türkiye.4. Reconstruction:
routes, ports, centrales, logements et usines seront rebâtis dans la région.5. Défense et hautes technologies:
l'industrie turque produit selon les normes de l'OTAN.Une ère de reconstruction pour le BTP turc
Selon Erdogan, le secteur turc de la construction est le mieux préparé. Il s'appuie sur son expérience des chantiers en géographies difficiles. Le président ne cite pas Gaza dans ces propos.
Pourtant, l'ampleur des destructions à Gaza pose la question de la reconstruction, bien au-delà des intérêts commerciaux. Les Palestiniens attendent d'abord la fin des bombardements et du blocus.
Ce qu'il faut retenir
Erdogan a défendu un bilan qu'il juge solide: inflation en baisse, déficit contenu et dette faible. Il a aussi proposé aux États-Unis un partenariat économique stratégique.
Pour attirer les investisseurs, la Türkiye a lancé en avril l'un des paquets d'investissements les plus compétitifs au monde, selon lui. Ses bureaux d'investissement et de financement à Washington et à New York offrent un appui constant aux entreprises. Reste à vérifier, dans les prochains mois, si l'inflation suit la trajectoire annoncée.
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