Allemagne : violences lors des manifestations de la Gen Z
09:07, 01/11/2026, dimanche
AFP

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Des manifestants participent à une manifestation sous le slogan « La Génération Z en a assez ! » à Berlin, en Allemagne, le 31 octobre 2026.Des dizaines de milliers de jeunes ont manifesté samedi en Allemagne pour réclamer davantage de moyens pour l'éducation, mais des affrontements ont éclaté à Francfort, selon des sources concordantes.
Les revendications de la Gen Z
Sous l'appellation
"GenZ regelt"
, signifiant "la Génération Z s'en charge"
en référence aux jeunes nés entre 1995 et 2012, des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi dans une quarantaine de villes allemandes, dont Berlin, Francfort et Cologne. Selon les organisateurs, ces rassemblements visent à dénoncer la précarité chronique des établissements scolaires et à lutter contre la vie chère, tout en s'opposant à la réintroduction éventuelle du service militaire et en alertant sur l'urgence climatique. Par ailleurs, les manifestants ont brandi des pancartes proclamant "Il est temps de résister"
ou exigeant le départ du chancelier Friedrich Merz, réclamant une "existence accessible à tous".
Débordements violents à Francfort
Les tensions ont atteint leur paroxysme à Francfort, où des groupes de jeunes masqués ont refusé de se disperser en fin de journée, provoquant des émeutes d'une ampleur inédite. Des émeutiers ont saccagé plusieurs magasins du centre-ville, dont notamment un armurier dont les vitrines ont été brisées, tandis que d'autres projetaient des cocktails Molotov, des pierres et des feux d'artifice sur les forces de l'ordre. Selon un communiqué officiel, la police a répliqué par des canons à eau et des gaz lacrymogènes, faisant état de plusieurs blessés dans ses rangs et procédant à au moins une arrestation avec saisie de deux armes.
Les accusations du ministre de l'Intérieur
Roman Poseck, ministre de l'Intérieur du Land de Hesse, a affirmé que
"une centaine d'extrémistes de gauche clairement identifiés"
s'étaient infiltrés dans la manifestation francfortoise pour en détourner les objectifs. "La façon dont cet événement s'est terminé ici, à Francfort, est honteuse"
, a-t-il déclaré, alors que la principale artère commerçante de la ville était bouclée par des fourgons de police et des unités anti-émeutes. De plus, le ministère allemand de l'Intérieur a indiqué être en contact avec les autorités françaises et italiennes, craignant la participation de militants radicaux venus de l'étranger.Tensions dans d'autres métropoles
Des débordements similaires ont été constatés à Hambourg et à Cologne, où les forces de l'ordre ont également fait usage de canons à eau pour contenir les manifestants. Selon la police, qui a recensé 8 000 participants à Francfort, 5 000 à Berlin et plusieurs milliers à Cologne, des protestataires ont pris pour cible les secouristes avec des projectiles, tandis qu'à Berlin des œufs et des bouteilles ont été lancés et qu'à Hambourg des barricades ont été incendiées. En outre, des sources concordantes ont rapporté que des groupes avaient tenté de bloquer l'accès aux secours, aggravant les tensions dans ces métropoles.
Divergences au sein du mouvement étudiant
Veronika Dinter, porte-parole du mouvement
"GenZ regelt"
, a souligné que "Nous descendons dans les rues pour une existence accessible à tous"
, ajoutant que "Plus personne ne croit encore en un avenir meilleur si tout continue comme ça"
. Toutefois, la BSK, organisation officielle regroupant les représentants des élèves des différentes régions allemandes, a préféré ne pas participer à ces manifestations, dénonçant un
"extrême manque de transparence"
du collectif et appelant à un rassemblement pacifique le 20 novembre prochain pour réclamer de "meilleures conditions d'éducation"
. Par ailleurs, la ministre de la Famille Karin Prien a exhorté les jeunes à ne pas se laisser
"instrumentaliser par l'extrême droite ou l'extrême gauche"
, tandis que le collectif "GenZ regelt"
insistait sur son rejet de la violence : "Les groupes extrémistes, les symboles anticonstitutionnels, le racisme et les discours de haine n'ont pas de place chez nous - peu importe de quel côté ils viennent".
Contexte éducatif
Ces mobilisations interviennent dans un contexte de réduction des moyens accordés aux établissements scolaires, lycées et universités en Allemagne, une nation particulièrement vieillissante où l'éducation relève des États régionaux et non de l'État fédéral, créant de fortes disparités territoriales.
Selon des données officielles, les investissements publics dans l'enseignement ont stagné ces dernières années, alimentant la colère des élèves et étudiants qui jugent insuffisantes les réponses gouvernementales à leurs préoccupations matérielles et pédagogiques.
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