Barrot plaide pour la reprise des négociations Washington-Téhéran
17:48, 09/07/2026, jeudi
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EVARISTO SAAFP
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'exprime lors d'une déclaration aux côtés de son homologue brésilien Mauro Vieira (hors champ) au palais Itamaraty à Brasília, le 1er juillet 2026. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a plaidé jeudi pour un retour au dialogue entre les États-Unis et l'Iran, estimant que l'escalade militaire actuelle ne profite à aucune des parties.
La responsabilité de l'Iran et l'appel au dialogue
Dans des déclarations faites jeudi à la chaîne TF1, le chef de la diplomatie française a estimé que Téhéran portait l'entière responsabilité de la dégradation de la situation sécuritaire actuelle dans le Golfe.
Invité de l'émission "Bonjour ! La Matinale TF1", Jean-Noël Barrot a précisé que la République islamique avait violé ses engagements internationaux en s'en prenant à des navires évoluant hors des eaux territoriales iraniennes.
"L'Iran a violé l'accord qui a été trouvé avec les États-Unis, violé aussi le droit international en s'en prenant à des navires qui circulaient à l'extérieur des eaux iraniennes. Donc il est le responsable de cette situation"
, a-t-il déclaré. Selon le ministre, cette escalade a engendré un cycle de représailles qui doit désormais prendre fin pour permettre le respect des engagements réciproques.
Un cycle de représailles à interrompre
Jean-Noël Barrot a insisté sur la nécessité de mettre un terme aux hostilités dans le cadre de la période de soixante jours accordée aux deux parties pour tenir leurs engagements.
"Il s'en est suivi un cycle de représailles qui doit cesser pour que, dans ces soixante jours que les deux parties se sont donnés, les engagements soient tenus, que le détroit d'Ormuz soit rouvert, que les hostilités cessent et que s'engage enfin cette négociation dont nous avons besoin pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien"
, a-t-il ajouté. Par ailleurs, le ministre a appelé au calme et à la reprise des discussions, qualifiant les frappes américaines de réponse aux violations iraniennes du droit international.
Conséquences économiques et réactions aux déclarations de Trump
Interrogé sur les récentes déclarations du président américain Donald Trump, Jean-Noël Barrot a relativisé leur portée en rappelant que le locataire de la Maison-Blanche avait déjà exprimé lors du sommet de l'OTAN à Ankara sa volonté de poursuivre les discussions avec Téhéran.
"Ce n'est pas la première fois qu'on entend le président des États-Unis tenir ce genre de propos"
, a déclaré le ministre, soulignant que Donald Trump avait réaffirmé son intention de maintenir ouverts les canaux diplomatiques. De plus, le chef de la diplomatie française a souligné les conséquences économiques désastreuses du conflit pour les populations concernées ainsi que pour les partenaires occidentaux.
"Cette guerre n'a fait que des perdants, à commencer par le peuple iranien, mais aussi les Américains, du fait de l'augmentation du prix de l'essence"
, a-t-il affirmé. "Et nous aussi, car nous n'avons aucune intention de continuer à payer le prix de guerres qui ne sont pas les nôtres"
, a-t-il ajouté.Présence militaire et sécurisation du détroit
Concernant la situation militaire dans le Golfe, le ministre a exclu tout changement de cap du porte-avions français Charles de Gaulle, actuellement en route vers son port d'attache à Toulon. Il a toutefois rappelé la disponibilité de la France à contribuer à la sécurisation du détroit d'Ormuz par des moyens militaires spécifiques.
"Le président de la République a marqué la disposition de la France à participer avec ses moyens militaires à la sécurisation du détroit d'Ormuz par des opérations de déminage"
, a indiqué Jean-Noël Barrot. "Nous sommes opposés radicalement à toute forme d'entrave, de péage ou de chantage dans le détroit d'Ormuz et dans tous les détroits du monde"
, a-t-il déclaré.La Syrie comme voie alternative
Évoquant les risques d'une nouvelle hausse des prix de l'énergie, le ministre français a réaffirmé l'opposition de Paris à toute entrave à la libre circulation maritime dans la région.
Selon lui, les tensions militaires récentes ont alimenté les inquiétudes des marchés et renforcé la nécessité d'une désescalade rapide. En outre, interrogé sur les perspectives économiques offertes par la Syrie après la récente visite d'État à Damas d'Emmanuel Macron et lui-même, Jean-Noël Barrot a estimé que le pays pourrait devenir à terme un carrefour régional des échanges.
"Parmi tous les efforts que nous avons déployés depuis le début de cette crise, il y a aussi l'idée de préparer des voies alternatives pour que nous ne soyons pas dépendants de blocages ici ou là"
, a-t-il expliqué. Le ministre a considéré que la Syrie, après la chute du régime de Bachar al-Assad, était engagée dans un processus de reconstruction susceptible de renforcer son rôle économique régional. "La Syrie est en train de se réunifier, de se renforcer et de devenir potentiellement un carrefour pour les échanges économiques, que ce soit dans le domaine de l'énergie, mais aussi dans le transfert des données"
, a-t-il déclaré. Selon Jean-Noël Barrot, ce message figurait parmi les principaux objectifs de la visite effectuée récemment par la délégation française à Damas.A lire également:

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