France : Le gouvernement maintient le gel du point d’indice des fonctionnaires en 2027
16:34, 08/07/2026, mercredi
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SIMON WOHLFAHRTAFP
La ministre française de l'Environnement, Monique Barbut (à gauche), et le secrétaire d'État chargé de la Fonction publique, David Amiel, quittent l'Élysée à Paris après la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 1er juillet 2026.Le gouvernement français a confirmé le maintien du gel du point d'indice des fonctionnaires pour 2027, prolongeant une mesure déjà appliquée en 2026, au terme d'une réunion à Bercy marquée par le départ anticipé des organisations syndicales.
Gel du point d'indice confirmé pour 2027
Réunis mercredi au ministère de l'Économie et des Finances autour du ministre des Comptes publics, David Amiel, les représentants des huit syndicats de la fonction publique ont quitté prématurément les négociations.
Ils espéraient pourtant obtenir des annonces substantielles sur une revalorisation générale des rémunérations, alors que le pouvoir d'achat des agents publics se dégrade dans un contexte d'inflation persistante.
Le gouvernement a toutefois écarté toute hausse du point d'indice pour l'année 2027, prolongeant ainsi une mesure déjà en vigueur en 2026 et confirmant une trajectoire de rigueur salariale.
Par ailleurs, l'exécutif a privilégié une politique axée exclusivement sur les évolutions de carrière et les promotions individuelles, refusant de céder sur le blocage de l'indice servant de base au calcul des traitements des fonctionnaires d'État, des collectivités territoriales et de la fonction publique hospitalière.
Mesures de carrière proposées en alternative
Selon le cabinet du ministre des Comptes publics, une augmentation d'un seul pour cent du point d'indice représenterait un coût annuel de 2,4 milliards d'euros pour les finances publiques, une enveloppe jugée incompatible avec les objectifs de réduction du déficit.
De plus, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures destinées à favoriser les parcours professionnels au sein des trois versants de la fonction publique.
Il prévoit notamment une meilleure prise en compte de l'expérience professionnelle antérieure lors des recrutements externes dans la fonction publique de l'État, ainsi qu'une accélération significative des promotions pour les personnels des catégories B et C et les attachés d'administration dès 2026.
Un relèvement des quotas de promotion interne permettra également à davantage d'agents de catégorie C d'accéder à la catégorie B sans avoir à passer de concours externe.
En outre, un groupe de travail interministériel sera installé dès septembre prochain pour examiner le dispositif de l'indemnité différentielle, qui garantit actuellement qu'aucun agent public ne perçoive une rémunération inférieure au niveau du Smic horaire.
Contraintes budgétaires et perspectives économiques
L'exécutif justifie cette fermeté budgétaire par les contraintes structurelles pesant sur les comptes publics.
Après avoir abaissé sa prévision de croissance économique pour 2026 à 0,7 %, contre 0,9 % estimé précédemment, le gouvernement a annoncé un effort supplémentaire de 9 milliards d'euros d'économies budgétaires afin de réduire le déficit public.
Dans ce contexte de restriction des dépenses, les annonces concernant l'indemnité différentielle et les évolutions de carrière ont été unanimement jugées insuffisantes par l'ensemble des organisations syndicales représentatives, qui dénoncent trois années consécutives de gel du point d'indice ainsi que la suppression de la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat.
Mobilisation syndicale du 29 septembre
Face à l'absence d'avancées concrètes sur les rémunérations de base, les syndicats maintiennent fermement leur appel à une journée nationale de mobilisation et de grève prévue le 29 septembre prochain.
Cette action vise à protester contre la dégradation continue du pouvoir d'achat des agents publics et à exiger la revalorisation générale du point d'indice, considérée comme la mesure la plus équitable pour l'ensemble des fonctionnaires.
Selon une source syndicale proche des négociations, Force ouvrière, qui ne s'était pas encore officiellement jointe au mouvement de contestation initié par d'autres centrales, devrait annoncer dans les prochains jours sa participation à cette journée de grève, renforçant ainsi l'unité d'action des organisations face au gouvernement.
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