Lise Klaveness, figure de proue de la contestation à la Fifa
11:46, 08/08/2026, samedi
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Lise Klaveness, figure de proue de la contestation à la FifaPrésidente de la Fédération norvégienne de football, Lise Klaveness multiplie les attaques contre la direction de Gianni Infantino et réclame sa démission, dans un contexte de crise à la tête de l'instance mondiale, a indiqué l'AFP.
Lise Klaveness, voix féminine contre la gouvernance Infantino
Lise Klaveness occupe une place singulière au sein des instances dirigeantes du football international. Agée de 45 ans, cette juriste de formation et ancienne sélectionneuse norvégienne (73 capes) préside depuis 2022 la Fédération norvégienne de football. Elle s'est rapidement imposée comme l'une des critiques les plus acerbes et constantes de Gianni Infantino, exigeant désormais la démission du président de la Fifa.
Son offensive s'inscrit dans un contexte de crise majeure pour l'instance zurichoise, fragilisée par l'échec cuisant de son projet visant à ouvrir le capital de la Coupe du monde à des investisseurs privés. L'évolution des méthodes de l'Italo-Suisse, élu en 2016 sur des promesses de transparence, suscite chez elle une indignation croissante.
Dérives autoritaires et reniements dénoncés
Interrogée par l'AFP, la dirigeante scandinave évoque avec sévérité les débuts du mandat du président de la Fifa.
"c'était un candidat qui avait été élu sur un programme de réformes axé sur la bonne gouvernance"
, rappelle-t-elle concernant l'élection de 2016. "Puis les choses se sont rapidement dégradées: de la prise de distance, on est passé au renoncement, voire au revirement, sur fond de manque d'indépendance vis-à-vis de chefs d'Etat et d'autres personnalités influentes, notamment des pays hôtes des Coupes du monde",
dénonce-t-elle.Cette critique s'était déjà cristallisée lors du Mondial qatarien. Depuis Doha même, la présidente de la NFF avait déploré que les droits humains, l'égalité et la démocratie n'aient pas été
"dans le onze de départ".
La Norvège hausse le ton
Par ailleurs, la Fédération norvégienne avait déjà marqué son désaccord en refusant d'accorder sa voix à Gianni Infantino lors de sa réélection en 2023. Cette posture isolée à l'époque s'est progressivement imposée comme une légitime contestation institutionnelle partagée par d'autres acteurs du football européen.
Selon Mina Finsted Berg, commentatrice sportive pour la chaîne norvégienne TV2, Klaveness
"a en quelque sorte été la première porte-drapeau d'une grande partie de cette critique que beaucoup d'autres partagent désormais lorsqu'il s'agit de la manière dont Infantino dirige la Fifa".
La spécialiste souligne également l'attachement rigoureux de la dirigeante au respect des règlements et des procédures démocratiques au sein des instances.De plus, les récentes décisions controversées de la Fifa – notamment l'attribution d'un prix de la paix à Donald Trump, l'annulation de la suspension de Folarin Balogun après une intervention présidentielle américaine, puis la tentative avortée d'ouverture du capital à des fonds d'investissement privés – ont conduit Oslo à saisir le Comité d'éthique de l'instance mondiale. Cette démarche judiciaire illustre la montée en puissance des tensions entre la fédération scandinave et le siège zurichois.
Une succession hypothétique face aux obstacles
Toutefois, la voix de la dirigeante norvégienne porte désormais davantage qu'à ses débuts, la sélection nationale masculine ayant réalisé un parcours remarquable lors du dernier Mondial, éliminée en quarts de finale par l'Angleterre après une longue absence des grands rendez-vous internationaux. Cette visibilité renouvelée sur la scène sportive alimente les spéculations quant à une éventuelle candidature à la présidence de la Fifa lors du scrutin de 2027.
"Elle a été la seule à toujours prendre clairement position et à ne pas suivre le courant dominant. Et, à la Fifa, le moment est venu pour une femme de prendre les rênes",
a estimé sur le réseau social X l'ancien président Sepp Blatter, rompu à l'exercice du pouvoir à Zurich. L'intéressée balaie pourtant fermement ces hypothèses médiatiques. "Pour nous, ça n'a jamais été une affaire personnelle contre Gianni Infantino"
, assure-t-elle à l'AFP. "Les problèmes dépassent la personne du président"
, ajoute-t-elle, précisant que "Nous n'en sommes pas là"
concernant une éventuelle candidature à la succession.Les obstacles à une telle ascension demeurent considérables. Selon la même analyste de TV2, être perçue comme radicale dans de nombreuses régions, notamment hors du continent européen, et le fait d'être une femme constituent des handicaps majeurs dans des fédérations nationales conservatrices. Déjà en 2023, Klaveness avait échoué à intégrer le comité exécutif de l'UEFA, n'y accédant qu'en 2025 par un siège réservé aux femmes où elle était candidate unique, ce qui illustre les résistances structurelles.
Dans ce contexte, l'ancien gardien international norvégien Erik Thorstvedt s'interroge publiquement sur la capacité de la présidente de la NFF à convaincre les confédérations africaines et sud-américaines, alors même qu'elle peine à s'imposer pleinement au sein du football européen.
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