Massive Attack retenu à Singapour pour avoir brandi le drapeau palestinien
14:53, 03/08/2026, lundi
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Massive Attack retenu par la police à Singapour après un drapeau palestinien brandi sur scène. Les deux membres bannis.Le groupe britannique Massive Attack affirme avoir été retenu par la police à Singapour après un concert. En cause : un drapeau palestinien brandi sur scène et des chants "Free Palestine" du public. Les autorités ont fouillé des chambres, confisqué des passeports, puis banni les deux membres du territoire. Le groupe assume son geste de solidarité. Il défend la liberté d'expression et dénonce l'occupation de la Palestine.
Le groupe britannique Massive Attack affirme avoir été retenu par la police après un concert à Singapour. En cause: un drapeau palestinien brandi sur scène. Les autorités locales ont ouvert une enquête. Elles ont aussi banni les deux membres du territoire.
Ce geste de solidarité relance le débat sur la liberté d'expression. Il rappelle surtout la répression des voix pro-palestiniennes dans le monde.
Un drapeau palestinien qui déclenche une enquête
Le 29 juillet, Massive Attack se produit au Star Theatre de Singapour. À la fin du concert, un drapeau palestinien apparaît sur scène. Dans le public, la foule scande spontanément "Free Palestine".
Selon le groupe, ces chants ont éclaté avant même l'entrée des artistes. Ils ont ensuite repris à la fin du spectacle. Le public, lui, semblait conscient du risque encouru.
"Nous n'imaginions pas que le simple fait de brandir le drapeau d'un État souverain reconnu par 157 pays (la Palestine) puisse violer une loi"
, écrit le groupe.Par ailleurs, Singapour interdit l'affichage public d'emblèmes nationaux étrangers sans permis. Les contrevenants risquent une amende, jusqu'à six mois de prison, ou les deux.
Interrogatoires, fouilles et passeports confisqués
Après le concert, la situation se durcit rapidement. Le groupe raconte avoir vécu une soirée éprouvante. Ses membres décrivent un traitement policier musclé.
"Nous avons été surpris et déçus que tout notre groupe soit retenu par la police, isolé et interrogé séparément"
, affirme Massive Attack sur Instagram.De plus, certains musiciens auraient subi une fouille de leur chambre d'hôtel. Leurs passeports auraient été temporairement confisqués. Le message, publié dimanche, dénonce une réponse disproportionnée.
C'est pourquoi le groupe insiste sur le caractère pacifique de son geste. Aucun trouble à l'ordre public n'a été signalé pendant le concert.
Singapour bannit les deux fondateurs du groupe
La police singapourienne a réagi fermement. Elle a lancé une enquête pour une possible violation des conditions de licence. Les deux membres, Robert Del Naja et Grant Marshall, sont désormais interdits de territoire.
Les autorités leur ont adressé des
"avertissements sévères"
. Elles évoquent des infractions à la loi sur l'affichage des emblèmes nationaux étrangers de 1949. La loi sur l'ordre public est aussi mentionnée."La police prend très au sérieux les actes susceptibles de nuire à l'harmonie raciale et religieuse à Singapour"
, indique un communiqué.Le texte appelle le public, y compris les étrangers, à ne pas
"importer une politique étrangère"
. Selon les autorités, cela pourrait fragiliser la cohésion sociale du pays.Massive Attack revendique un acte de conscience
Face à ces sanctions, le groupe ne recule pas. Il assume pleinement son geste. Il salue même le courage de ses fans singapouriens.
"Nous sommes fiers d'avoir fait cette expression spontanée"
, écrit Massive Attack. Le groupe évoque des fans animés par un "impératif moral"
de solidarité avec la Palestine.Le message dénonce ensuite la situation vécue par les Palestiniens. Il parle d'une "réalité continue d'occupation illégale, d'apartheid et de génocide". Ce vocabulaire assume une position claire.
En effet, plusieurs organisations de défense des droits humains emploient désormais ces termes. Elles décrivent ainsi la politique menée dans les territoires palestiniens occupés.
Un appel à la liberté d'expression
Au-delà du cas singapourien, le groupe porte un message plus large. Il défend le droit de manifester sa conscience sans crainte. Cette revendication dépasse le cadre du concert.
Massive Attack espère que Singapour ratifiera le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ce texte onusien protège la liberté d'expression.
Le groupe souhaite que les citoyens puissent exprimer leurs convictions "sans peur de poursuites de l'État". Cette phrase résume tout l'esprit de sa démarche.
Cependant, la position de Singapour reste stricte sur ces questions. La cité-État défend une lecture prudente de l'ordre public.
Un engagement pro-palestinien qui ne faiblit pas
Massive Attack n'en est pas à son premier engagement. Le groupe de Bristol défend la cause palestinienne depuis des années. Ses concerts servent souvent de tribune politique.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte mondial tendu. De nombreux artistes subissent des pressions pour leurs prises de position sur Gaza. Certains voient leurs concerts annulés.
En revanche, d'autres choisissent d'assumer publiquement leur solidarité. Massive Attack rejoint clairement ce second camp. Le groupe transforme chaque scène en espace de parole.
Ainsi, l'incident de Singapour dépasse le simple fait divers musical. Il illustre la tension croissante entre expression artistique et censure d'État.
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