France : 5 398 décès annuels liés à la chaleur selon Oxfam
17:08, 18/06/2026, jeudi
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Les épisodes de forte chaleur prolongés, dépassant sept jours, augmentent de 70% le risque d'insuffisance rénale aiguë, tandis que les journées les plus chaudes de l'année accroissent de 7% la mortalité par infarctus du myocarde. L'ONG Oxfam a alerté jeudi sur les conséquences sanitaires du réchauffement climatique en France, où la chaleur fait 5 398 victimes par an.
Un bilan sanitaire alarmant
Selon l'étude publiée par l'organisation internationale, la chaleur constitue désormais une menace sanitaire majeure et sous-estimée pour la population française, avec 5 398 décès annuels directement attribuables aux températures élevées.
Cette publication intervient alors qu'une nouvelle vague de chaleur frappe le territoire, avec des températures pouvant atteindre 40°C dans plusieurs régions de l'Hexagone.
Risques cardiovasculaires et rénaux accrus
Les effets délétères des canicules ne se limitent plus aux populations âgées, selon les données présentées par Oxfam.
Les épisodes de forte chaleur prolongés, dépassant sept jours, augmentent de 70% le risque d'insuffisance rénale aiguë, tandis que les journées les plus chaudes de l'année accroissent de 7% la mortalité par infarctus du myocarde.
Par ailleurs, la fréquence des accidents vasculaires cérébraux (AVC) connaît une progression significative en corrélation avec l'élévation des températures.
De plus, le réchauffement climatique favorise l'émergence de maladies infectieuses jusqu'alors rares en France métropolitaine.
L'organisation a précisé que le nombre de cas de chikungunya recensés sur le territoire français au cours de l'année 2025 a dépassé le total enregistré dans l'ensemble de l'Union européenne continentale au cours de la décennie précédente.
Inégalités territoriales et sociales
L'analyse révèle des disparités marquées selon les territoires et les catégories sociales dans l'exposition aux risques thermiques. Selon le rapport, la mortalité liée à la chaleur a été 31% plus élevée durant l'été 2025 dans les dix départements les plus défavorisés comparativement aux dix plus riches. Les femmes apparaissent également davantage vulnérables à certains risques cardiovasculaires, notamment en cas d'infarctus ou d'AVC.
En outre, le système hospitalier français présente une fragilité structurelle face aux aléas climatiques. Selon les calculs de l'ONG, 37% des établissements hospitaliers situés en France métropolitaine et en Corse se trouvent dans des zones exposées au risque d'inondation, alors qu'un quart des lits hospitaliers ont été supprimés depuis l'an 2000.
Appels à l'action et coût de l'adaptation
Oxfam exhorte les pouvoirs publics à renforcer sensiblement les investissements dans le système de santé et à accélérer la rénovation énergétique des logements ainsi que des établissements hospitaliers. L'organisation souligne également la nécessité de réduire la dépendance aux énergies fossiles pour atténuer les effets du changement climatique.
Selon les estimations de l'étude, les investissements nécessaires pour adapter le secteur de la santé au changement climatique d'ici à 2050 représenteraient l'équivalent de 17 mois de bénéfices réalisés par le groupe TotalEnergies.
Pour Oxfam, la multiplication des événements climatiques extrêmes risque d'accentuer les inégalités sociales et de fragiliser davantage les capacités de réponse du système de santé français face aux urgences sanitaires à venir.
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