Au Pérou, le guano, trésor agricole menacé

Sur l’île de Santa, au nord de Lima, une centaine d’ouvriers s’affaire dès l’aube à extraire le guano, ce précieux engrais naturel issu des fientes d’oiseaux marins. La campagne, entamée en mai, doit se poursuivre jusqu’en novembre.
Aride et battue par les vents, Santa appartient à la Reserva nacional sistema de islas, islotes y puntas guaneras, un ensemble de 22 îles et 11 pointes protégées. Armés de pelles et de piolets, les ouvriers y extraient un sol compacté de fientes, plumes et carcasses, qu’ils tamisent avant de le conditionner dans des sacs de 50 à 60 kg.
Munis de simples masques chirurgicaux, vêtus de combinaisons blanches, ces travailleurs progressent dans un nuage de poussière irritante, transportant à dos d’homme de lourdes charges sur des sentiers escarpés dominant la mer.
Actuellement, 95 % de la production est réservée aux petites exploitations agricoles de moins de dix hectares. Le reste est transformé et exporté vers l’Europe et les États-Unis.
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