Le Sénégal toujours en quête de vérité 81 ans après le "massacre de Thiaroye"

La rédaction avec
15:35, 01/12/2025, lundi
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Le Sénégal toujours en quête de vérité 81 ans après le "massacre de Thiaroye"
X / @ecris_le_tienCrédit photo: inconnu
Une photo d’un tirailleurs sénégalais trouvée sur Facebook.

Le Sénégal, qui a combattu aux côtés de la France, continue de vouloir faire éclater la vérité, 81 ans après le massacre de Thiaroye perpétré par la France contre une unité d'infanterie composée de soldats africains revenus au Sénégal en 1944.

Le massacre des Tireurs sénégalais, une unité d'infanterie coloniale composée de soldats africains, par des soldats français en 1944, alors qu'ils réclamaient leurs indemnités de guerre à la caserne de Thiaroye à leur retour au Sénégal après la Seconde Guerre mondiale, reste une blessure non cicatrisée entre les deux pays.


Le gouvernement souligne sa détermination à faire en sorte que ce massacre, survenu il y a 81 ans, reste gravé dans la mémoire collective et que la France réponde aux questions qui restent encore sans réponse.


Massacre


Un rapport complet de 301 pages, préparé par un groupe de chercheurs à la demande du gouvernement et présenté au président Bassirou Diomaye Faye, a révélé que le massacre était intentionnel et planifié.

Le rapport indique que le massacre a été planifié afin d'empêcher la vague de libération provoquée par la Seconde Guerre mondiale parmi les peuples colonisés et de bouleverser l'ordre colonial existant.


Ces conclusions montrent que l'événement n'était pas fortuit, mais qu'il s'agissait d'une
"action préméditée, minutieusement programmée et coordonnée".

Les autorités françaises ont tenté d'étouffer le massacre


Le rapport souligne également que la France a délibérément publié des chiffres contradictoires et erronés concernant le nombre de victimes.


Alors que la France affirme que 30 à 70 soldats ont perdu la vie dans le massacre, les chercheurs soulignent que le nombre de victimes se situe entre 300 et 400.

Les chercheurs indiquent que le massacre ne s'est pas limité au camp de Thiaroye et à ses environs, que certains soldats ont été tués à la gare et que les blessés ont pu être tués dans le cimetière ou ailleurs, puis transférés au cimetière de Thiaroye.


Le rapport critique également les autorités françaises pour avoir tout mis en œuvre à l'époque pour étouffer le massacre.


Il souligne l'insuffisance des archives de Dakar, les documents d'archives relatifs à cette affaire ayant été envoyés en France.


Demande d'excuses officielles de la France


Le rapport demande que les procès des soldats qui ont survécu au massacre mais qui ont été jugés pour avoir participé à la révolte soient réexaminés collectivement et que des organisations de la société civile d'Europe et d'Afrique soient associées à ce processus.


Il appelle également la France à présenter des excuses officielles aux familles des victimes et aux populations auxquelles elles appartenaient.


Le gouvernement, qui souhaite redonner au massacre de Thiaroye la place qu'il mérite dans la mémoire collective du Sénégal et de l'Afrique, souhaite prendre certaines mesures à l'occasion du 81e anniversaire du massacre.

Selon un document partagé par des sources gouvernementales, le Sénégal souhaite faire la lumière sur tous les détails encore obscurs du massacre grâce à des recherches dans les archives, des rapports et des fouilles archéologiques.


Il est prévu de construire un monument à la mémoire des tireurs sénégalais à Thiaroye et de rendre plus fonctionnel le musée de Thiaroye, qui expose des documents et des découvertes liés au massacre.

Il est également prévu d'intégrer le massacre dans les programmes scolaires et de lui donner une dimension internationale en invitant des pays étrangers à participer aux commémorations.


Le massacre de Thiaroye


Prisonniers des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, puis libérés par les Américains en 1944, les soldats africains connus sous le nom de
"tireurs sénégalais"
ont été amenés à la caserne de Thiaroye, près de Dakar, où ils ont été retenus pendant environ deux semaines.

Les soldats voulaient recevoir leurs primes et leurs indemnités de guerre avant de retourner dans leurs villages, mais les Français n'ont pas tenu leur promesse.


Lorsque les soldats se sont rassemblés pour revendiquer leurs droits, ils ont été fusillés par les soldats français sous prétexte qu'ils s'étaient révoltés.


Les archives françaises font état d'une
"révolte
" du groupe et indiquent que 30 à 70 soldats ont été tués.

Dans son livre intitulé "Les prisonniers de guerre indigènes, les visages oubliés de la France occupée", l'historienne française Armelle Mabon indique que le nombre de soldats tués s'élève à 400.

Bien que les corps des soldats aient été jetés dans des fosses communes, il existe également un cimetière symbolique à la caserne de Thiaroye.


Les tireurs sénégalais étaient composés de soldats originaires du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, des Comores, du Congo, de Côte d'Ivoire, de Djibouti, du Gabon, de Guinée, de Madagascar, du Mali, de Mauritanie, du Niger, de République centrafricaine, du Sénégal, du Tchad et du Togo.


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