Syrie: le groupe terroriste PKK/YPG empêche les civils de quitter Alep et les utilise comme boucliers humains

Des civils syriens ayant réussi à fuir Dayr Hafir, à l’est d’Alep dans le nord de la Syrie, ont accusé le groupe PKK/YPG d’empêcher des dizaines de milliers de personnes de quitter la zone afin de les utiliser comme boucliers humains, ont-ils déclaré à l’agence Anadolu.
Ces civils ont appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur le groupe pour garantir l’évacuation en toute sécurité des populations toujours présentes dans la région.
Alors que l’armée syrienne se prépare à lancer une opération contre les éléments du PKK/YPG le long de l’axe Dayr Hafir–Maskanah, à l’ouest de l’Euphrate, elle attend que les civils puissent évacuer la zone par un corridor humanitaire mis en place à cet effet. Toutefois, les voies de sortie resteraient bloquées par le groupe, contraignant certains habitants à emprunter des itinéraires alternatifs pour fuir, avec l’intention de regagner leurs foyers une fois les opérations terminées.
Mohammed Abou Moussa, qui a quitté la région avec sa famille en traversant des terres agricoles en voiture, a expliqué qu’ils s’étaient rendus à Dayr Hafir pour des soins médicaux mais qu’ils avaient été contraints d’y passer la nuit. Il a précisé que les bombardements avaient duré toute la nuit, provoquant une forte détresse psychologique. Selon lui, la famille se rendait ensuite à Alep pour une cérémonie de condoléances et a pu quitter la zone par une route non goudronnée près d’Al-Malikiyah, avant d’atteindre une zone sûre avec l’aide de travailleurs humanitaires.
Fetayim Melloush, 45 ans, qui a fui Dayr Hafir avec son mari et leurs quatre enfants, a affirmé que le PKK/YPG empêchait les civils de quitter la région. Elle a indiqué que de nombreuses personnes souhaitaient fuir mais en étaient empêchées, ajoutant qu’elles avaient dû abandonner leurs maisons et leurs biens sans savoir où se réfugier. Elle a dit avoir ressenti un soulagement psychologique après avoir quitté la zone, tout en soulignant que de nombreux civils y demeurent encore piégés.
Son mari, Ahmed Hayik, âgé de 72 ans, a indiqué que le groupe avait dressé des barricades sur les routes, bloquant totalement la circulation des véhicules et des piétons. Il a précisé que la famille avait dû traverser des terres agricoles situées à l’arrière de la zone, leur véhicule peinant à avancer sur un terrain difficile.
"Soit vous restez, soit nous tirons"
Selon lui, de nombreuses familles souhaitent partir mais n’osent pas, par crainte d’être tuées. Il a ajouté que les itinéraires étaient minés et que les civils étaient menacés de mort même lorsqu’ils tentaient de fuir à l’aube. Il a indiqué que leur objectif était de rejoindre une zone sûre sous contrôle gouvernemental, à Manbij, Alep ou ailleurs.
Bilal Hassoun, un autre civil ayant fui la région, a affirmé que les autorités avaient déclaré la zone militaire et désigné des itinéraires pour les évacuations humanitaires, mais que ces routes avaient été bloquées par le PKK/YPG. Il a expliqué qu’ils avaient atteint la zone de l’aéroport en empruntant des chemins de contrebande, traversant des points de contrôle et des zones dangereuses infestées de mines.
Il a enfin souligné que des milliers de civils restent bloqués à Dayr Hafir, décrivant une situation humanitaire extrêmement préoccupante et appelant à une intervention urgente des organisations humanitaires internationales.
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