Syrie: l'armée israélienne bombarde Quneitra et avance ses chars
11:57, 09/10/2026, vendredi
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Israël multiplie les incursions dans la province syrienne de Quneitra, au mépris de l'accord de 1974.Jeudi 8 octobre, l'armée israélienne a tiré un obus près du village de Sweisa, dans la province syrienne de Quneitra, selon la télévision d'État Alikhbariah. Le même jour, deux chars et plus de 15 véhicules militaires sont entrés à al-Samdaniya al-Sharqiya. Ces opérations s'ajoutent aux raids et aux travaux de la ligne "Sufa 53". Depuis la chute d'Assad, Israël occupe la zone tampon. Damas réclame son retrait et défend l'accord de 1974.
L'armée israélienne a tiré un obus d'artillerie jeudi 8 octobre près du village de Sweisa, dans la province syrienne de
Quneitra
. Le même jour, des chars israéliens sont entrés dans un autre village de la région. Ces attaques prolongent une longue série d'incursions israéliennes
dans le sud de la Syrie.Un obus israélien tombe près de Sweisa
La télévision d'État syrienne Alikhbariah a rapporté l'information jeudi. Selon elle, les forces israéliennes ont visé les abords de Sweisa, dans le sud de la campagne de Quneitra. Aucune victime ni aucun dégât n'ont été signalés dans l'immédiat.
Ce tir n'a rien d'un acte isolé. En effet, il s'inscrit dans une vague d'opérations israéliennes menées dans la région depuis des mois. Les habitants du sud syrien vivent désormais au rythme de ces attaques.
Des chars israéliens à al-Samdaniya al-Sharqiya
Plus tôt dans la journée, une colonne israélienne est entrée dans le village d'al-Samdaniya al-Sharqiya. Elle comptait deux chars et plus de 15 véhicules militaires chargés de soldats, selon Alikhbariah. Les troupes se sont ensuite dirigées vers les abords de Tal Krum.
La veille, mercredi soir, l'artillerie israélienne avait déjà frappé les terres agricoles autour du même village. Là encore, la chaîne syrienne n'a fait état d'aucune victime. Cependant, ces tirs à répétition pèsent lourd sur la vie locale.
Des villages agricoles en première ligne
Les obus tombent le plus souvent sur des champs. Or, selon des sources locales citées par l'agence
North Press
, ces terres sont la principale source de revenus des habitants. Les mêmes sources décrivent des tirs devenus presque quotidiens.Chaque frappe menace donc des récoltes et des troupeaux. Début septembre, des tirs près d'al-Samdaniya ont tué plusieurs moutons, selon le média saoudien
Ajel
. Pour ces familles, la peur s'ajoute à la perte de revenus.Quneitra, cible d'incursions israéliennes répétées
Le sud de la Syrie vit sous une pression constante. Les provinces de Quneitra et de Deraa subissent des raids, des fouilles et des arrestations. L'armée israélienne y installe aussi des points de contrôle militaires.
Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Ainsi, le média syrien
Enab Baladi
a recensé une vingtaine d'incursions à Quneitra en un peu plus de trois semaines, en août. Une rencontre syro-israélienne, tenue en Jordanie le 23 août sous médiation américaine, n'a rien changé sur le terrain.La ligne "Sufa 53" relance la colère arabe
Début octobre, Israël a aussi relancé les travaux de la ligne dite "Sufa 53". Il s'agit d'une route militaire fortifiée, doublée de postes d'observation, dans la zone tampon de Quneitra. Dès le 4 octobre, des bulldozers israéliens ont creusé des tranchées près des villages d'Asha et de Rafid.
Les réactions n'ont pas tardé. Damas a dénoncé une violation de l'accord de 1974 et du droit international. Par ailleurs, le Qatar, la Jordanie et le Koweït ont condamné le projet, selon
Arab News
. Les Émirats arabes unis ont fait de même, d'après Khaleej Times
.Le plateau du Golan, occupé depuis 1967
Israël occupe la majeure partie du
plateau du Golan
syrien depuis la guerre de 1967. En 1981, il a annexé ce territoire. Cependant, la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Le Conseil de sécurité de l'ONU l'a même déclarée "nulle et non avenue"
dans sa résolution 497.Depuis 2024, la chute d'Assad sert de prétexte
Tout bascule le 8 décembre 2024, avec la chute du régime de Bachar al-Assad. Israël a aussitôt déclaré caduc l'
accord de désengagement de 1974
. Son armée a alors occupé la zone tampon démilitarisée et d'autres positions, dont le versant syrien du mont Hermon.L'ONU avait jugé à l'époque que cette avancée violait l'accord de 1974. Pourtant, près de deux ans plus tard, les troupes israéliennes n'ont pas quitté le terrain. Au contraire, elles y construisent des routes, des tranchées et des postes fortifiés.
Damas réclame le retrait des forces israéliennes
Damas exige à chaque occasion le retrait des forces israéliennes du territoire syrien. Le gouvernement réaffirme aussi son attachement à l'accord de 1974. De plus, il appelle la communauté internationale à faire respecter le droit.
Le 23 septembre, le président syrien Ahmed al-Charaa a porté ce message à la tribune de l'ONU, selon l'agence
TASS
. Il a exigé le retrait israélien des zones prises depuis décembre 2024. Le chef de l'État a aussi rappelé que le Golan reste un territoire syrien.La Türkiye, de son côté, maintient un dialogue étroit avec les nouvelles autorités syriennes. Cette semaine encore, le chef du renseignement turc, Ibrahim Kalin, a
reçu à Ankara le ministre syrien des Affaires étrangères
, Asaad Hassan al-Chaibani.De Gaza au Golan, une même logique d'occupation
Ce qui se passe à Quneitra rappelle une méthode bien connue. À Gaza, au Liban et en Palestine occupée (Cisjordanie), Israël avance, frappe et s'installe. Ensuite, il présente le fait accompli comme une nécessité de sécurité.
Les déclarations de ses dirigeants le confirment. Ainsi, le ministre d'extrême droite Bezalel Smotrich
réclame l'annexion de territoires à Gaza et au Liban
. En Syrie, la logique reste la même: grignoter du terrain, puis le garder.Pour les Palestiniens comme pour les Syriens, l'enjeu est donc identique. C'est pourquoi la question du Golan dépasse la seule frontière syro-israélienne. Elle touche au respect du droit international dans toute la région.
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