Soudan : l'ONU alerte sur la "catastrophe" à El-Obeid
12:38, 03/07/2026, vendredi
AFP

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Des femmes et des enfants font la queue pour recevoir de la nourriture distribuée gratuitement dans le camp de déplacés d'al-Mohayra, près de la ville d'El-Obeid, dans la région du Kordofan du Sud, le 29 juin 2026. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a alerté vendredi sur la "catastrophe" humanitaire qui frappe El-Obeid, capitale du Kordofan-Nord assiégée par les paramilitaires des Forces de soutien rapide.
Alerte rouge du Haut-Commissaire
Selon le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, Volker Türk a dressé un tableau alarmant de la situation lors d'un débat urgent sur le Soudan, ouvert vendredi au Conseil des droits de l'homme à Genève.
"Les signes en provenance d'El-Obeid sont clairs et sans équivoque : une nouvelle catastrophe en matière de droits humains est en train de se jouer au Soudan, cette fois dans la capitale de l'Etat stratégique du Kordofan-Nord"
, a-t-il déclaré.Siège des paramilitaires et exode impossible
El-Obeid est soumise depuis plusieurs mois à un siège strict imposé par les Forces de soutien rapide (FSR), qui combattent l'armée régulière depuis avril 2023.
Par ailleurs, de nombreux civils tentent de vendre leurs biens pour fuir la ville, mais le coût du transport et les attaques sur les routes bloquent leur départ. Ceux qui restent risquent d'être détenus arbitrairement, tandis que les personnes ayant fui les zones contrôlées par les FSR sont souvent accusées de collaboration.
Débat urgent à Genève
Cette session extraordinaire a été réclamée par le Royaume-Uni, avec le soutien de l'Allemagne, de l'Irlande, des Pays-Bas et de la Norvège. Ces pays présenteront un projet de résolution aux 47 membres du Conseil pour réclamer une
"désescalade immédiate"
du conflit. De plus, l'ONU redoute une attaque imminente sur El-Obeid similaire à celle qui avait conduit à la prise d'El-Facher l'an dernier, où les paramilitaires sont accusés d'exactions.
Frappes de drones et économie de guerre
Volker Türk a également documenté 15 frappes de drones entre le 6 et le 28 juin sur El-Obeid et ses environs, faisant au moins 45 morts et 41 blessés civils, bien que le bilan réel soit probablement plus lourd.
"Dans toute la région du Kordofan, des drones lancés par les deux camps ont à plusieurs reprises frappé des marchés, des écoles, des stations-service, des infrastructures hydrauliques et des véhicules civils"
, a-t-il précisé. En outre, le Haut-Commissaire a appelé à s'attaquer à
"l'économie de la guerre"
, soulignant que des acteurs nationaux et étrangers profitent du carnage.Appel aux dirigeants mondiaux
Le responsable onusien a lancé un appel pressant aux chefs d'Etat :
"C'est une alerte rouge qui doit parvenir aux chefs d'Etats et de gouvernements du monde entier. Leurs téléphones devraient surchauffer dans les jours et les semaines à venir, avec des idées sur la manière de prévenir les atrocités à El-Obeid et ailleurs au Kordofan, où les mêmes méthodes sont à l'oeuvre"
. Selon la même source, les civils subissent depuis 18 mois des conditions assimilables à un siège, entre frappes incessantes et montée des discours de haine.
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