Smotrich: Israël a le "feu vert" des Etats-Unis pour transformer Gaza en "station balnéaire"
10:00, 23/07/2025, mercredi
AA

Menahem KAHANAAFP
Le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Saar, et le ministre des finances, Bezalel Smotrich, assistent au discours du président argentin lors d'une session du parlement israélien (Knesset) à son siège à Jérusalem, le 11 juin 2025.Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite, a affirmé mardi que les États-Unis avaient donné leur feu vert à un projet visant à transformer la bande de Gaza en “station balnéaire”, à condition que les Palestiniens en soient déplacés.
“Nous occuperons Gaza et l’intégrerons pleinement à Israël”,
a déclaré Smotrich lors d’une conférence organisée à la Knesset sous le titre évocateur: “La Riviera de Gaza, de la vision à la réalité”.
Selon lui,
“le président des États-Unis (Donald Trump) nous a donné son aval pour faire de Gaza un territoire prospère, une station balnéaire avec des emplois. C’est ainsi que l’on construit la paix”
, a-t-il ajouté.Smotrich, chef du parti “Sionisme religieux”, a soutenu qu’un plan visant à relocaliser les Gazaouis vers d’autres pays faciliterait la colonisation du territoire.
“Nous pouvons commencer par la frontière nord et y établir trois communautés. Les discussions sont déjà en cours”
, a-t-il précisé.À ce stade, les États-Unis n’ont pas réagi officiellement aux déclarations de Smotrich. L’idée de faire de Gaza une “Riviera du Moyen-Orient” avait été évoquée plus tôt dans l’année par l’ancien président Donald Trump.
Smotrich n’a fourni aucun détail concret sur ce projet. Cependant, lors d’une autre conférence à Jérusalem-Ouest, il a réitéré son appel au Premier ministre Benjamin Netanyahu à procéder à l’occupation totale de Gaza.
“Je demande au Premier ministre de fixer une échéance aux négociations avec le Hamas et de lui adresser un ultime ultimatum de 24 heures pour accepter les conditions”
, a-t-il déclaré. “S’il refuse, il faut annoncer la fin de toute option d’accord partiel et ordonner à l’armée d’appliquer un plan de contrôle total de Gaza, ainsi qu’une séparation humanitaire. Ce processus devra aboutir soit à la reddition complète du Hamas, soit à son élimination totale.”
Parallèlement, des négociations indirectes entre Israël et le Hamas sont en cours à Doha, sous médiation qatarie et égyptienne, avec l’appui des États-Unis. Ces pourparlers visent à parvenir à un échange de prisonniers et à un cessez-le-feu. Deux accords partiels ont déjà été conclus en novembre 2023 et en janvier dernier.
Le Hamas a répété sa volonté de libérer tous les prisonniers israéliens en une seule opération, à condition que la guerre prenne fin et que les troupes israéliennes se retirent complètement de la bande de Gaza.
Depuis octobre 2023, l’offensive militaire israélienne a causé la mort de plus de 59 100 Palestiniens, majoritairement des femmes et des enfants. Les bombardements ont ravagé l’enclave, entraîné l’effondrement du système de santé et provoqué de graves pénuries alimentaires.
En novembre dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Gaza. En parallèle, Israël est également poursuivi devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour “crime de génocide” en lien avec sa campagne militaire contre le territoire palestinien.
A lire également:

International
SG de l'ONU: Gaza est "une scène d'horreur" marquée par la dévastation et la famine

International
L’AFP va évacuer ses journalistes menacés de famine à Gaza

International
Kaja Kallas : "Le meurtre de civils cherchant de l’aide à Gaza est injustifiable"
Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.