Reconnaître la Palestine avant sa création serait "contre-productif" (Première ministre italienne)
19:30, 26/07/2025, samedi
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Tiziana FABI AFP
La Première ministre italienne Giorgia Meloni s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le président algérien lors d'un sommet à la Villa Doria Pamphili à Rome, le 23 juillet 2025.La Première ministre italienne Giorgia Meloni a estimé samedi que "ce n’est pas le bon moment" pour reconnaître un État palestinien, avertissant qu’une reconnaissance hâtive pourrait s’avérer contre-productive et occulter les problèmes non résolus.
Dans un entretien accordé au quotidien La Repubblica, Meloni a critiqué la récente décision de la France de reconnaître l’État de Palestine, la qualifiant d
"impulsive".
"Je crois que reconnaître un État palestinien alors qu’il n’existe pas réellement pourrait nuire à l’objectif. Si l’on reconnaît sur le papier quelque chose qui n’existe pas, le problème risque de paraître résolu alors qu’il ne l’est pas",
a-t-elle déclaré.Meloni a précisé avoir communiqué cette position à l’Autorité palestinienne, au président Emmanuel Macron et au Parlement italien.
"En tant que partisane de l’État palestinien, je ne suis pas favorable à une reconnaissance avant le début d’un véritable processus de constitution de cet État",
a-t-elle insisté.Ses propos ont provoqué de vives critiques de la part de l’opposition. Angelo Bonelli, député du parti Europe Écologie Les Verts, a qualifié ses déclarations de
"graves et inacceptables",
selon l’agence italienne ANSA."Dire que “ce n’est pas le moment” et que ce serait même “contre-productif”, alors que Gaza meurt de faim et sous les bombes, témoigne d’une soumission politique et morale totale au bourreau Netanyahu et à la droite israélienne",
a dénoncé Bonelli."Ce n’est pas de la prudence, c’est de la complicité",
a-t-il ajouté, appelant l’Italie à emboîter le pas des pays européens ayant reconnu l’État palestinien.Depuis le 7 octobre 2023, l’armée israélienne mène une offensive d’une brutalité extrême sur la bande de Gaza, rejetant les appels internationaux à un cessez-le-feu. Plus de 59 600 Palestiniens, majoritairement des femmes et des enfants, ont été tués.
En novembre dernier, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza.
Israël fait également l’objet d’une procédure pour génocide devant la Cour internationale de Justice.
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