RDC : Kinshasa conteste une étude sur l'uranium dans le cobalt exporté
14:56, 08/08/2026, samedi
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Kinshasa conteste une étude sur l'uranium dans le cobalt exportéLe gouvernement de la RDC a contesté une étude scientifique faisant état de traces d'uranium dans les exportations de cobalt vers la Chine, assurant que ces éléments sont d'origine naturelle et non une violation des accords internationaux.
Une étude pointe des exportations d'uranium dissimulées dans le cobalt
Selon une recherche publiée le 30 juillet dans la revue Nature Communications par les chercheurs Ryan A. Manzuk et Sébastien Philippe, entre 2 000 et 5 000 tonnes d'uranium naturel auraient quitté la République démocratique du Congo à destination de la Chine entre 2000 et 2024. Ces quantités se seraient trouvé dissimulées au sein de cargaisons d'hydroxyde de cobalt, un minerai stratégique essentiel à l'industrie des batteries, précisent les auteurs qui ajoutent que leurs travaux ne permettent pas de déterminer l'usage ultérieur réservé à cet uranium.
Kinshasa dénonce une interprétation erronée des données géologiques
Dans un communiqué rendu public jeudi 6 août par le ministère de la Communication et des Médias, le gouvernement congolais a vigoureusement contesté ces conclusions en rappelant que la présence naturelle d'uranium dans les gisements cuprifères et cobaltifères des provinces du Lualaba et du Haut-Katanga constitue un fait géologique documenté depuis plus d'un siècle. Cette co-minéralisation résulte directement de la formation du Groupe du Roan et ne saurait être considérée comme
"ni une anomalie ni le fruit d'une démarche intentionnelle, ni même une violation"
des engagements internationaux souscrits par le pays, a affirmé la même source.Par ailleurs, l'exécutif a indiqué que l'analyse de composition minérale de ses produits marchands à l'exportation ne corrobore pas les tendances avancées par l'étude américaine. De plus, conformément aux pratiques de garanties de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'uranium présent à l'état de traces dans un concentré de cobalt n'entre en comptabilité nucléaire que dans l'hypothèse où il serait spécifiquement récupéré comme matière brute, a-t-il précisé.
Des mesures de transparence et de vérification annoncées
Toutefois, Kinshasa relève que l'étude en question repose sur une modélisation de premier ordre non spécifique à chaque installation minière plutôt que sur des mesures directes effectuées sur les cargaisons réellement exportées, s'inscrivant ainsi dans une fourchette d'estimation particulièrement large. Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé une série de mesures structurantes visant à établir la vérité scientifique et à rassurer les partenaires commerciaux.
En outre, une campagne de vérification analytique contradictoire sera conduite sur un échantillonnage représentatif des exportations d'hydroxyde de cobalt, les analyses étant confiées conjointement à un laboratoire national et à un laboratoire international accrédité. Cette opération s'effectuera sous la conduite du Comité national de protection contre les rayonnements ionisants (CNPRI), du Commissariat général à l'énergie atomique (CGEA) et du Centre d'expertise, d'évaluation et de certification (CEEC).
De plus, un groupe de travail interministériel chargé de vérifier les allégations, d'établir les faits et d'évaluer les risques sanitaires et environnementaux devra remettre son rapport dans un délai de 60 jours. Parallèlement, des consultations diplomatiques seront engagées avec l'AIEA en vue d'une mission d'appui technique s'inscrivant dans le prolongement des mécanismes de garanties déjà en vigueur, a indiqué le ministère.
Le gouvernement a également précisé que les résultats de cette démarche seraient rendus publics
"quels qu'ils soient",
dans le strict respect des dispositions légales relatives à l'accès à l'information publique. Un volet sanitaire et environnemental est par ailleurs intégré à la feuille de route. Son suivi sera assuré par le Secrétariat technique du Conseil national de sécurité nucléaire en coordination avec les institutions compétentes.Démenti des opérateurs miniers chinois
De son côté, l'Union des sociétés minières chinoises au Congo (USMCC) a affirmé qu'une vérification exhaustive menée auprès de l'ensemble de ses membres n'avait révélé aucun produit de cobalt présentant une teneur excessive en uranium. Cette déclaration intervient alors que la République démocratique du Congo demeure le premier producteur mondial de ce métal bleu. Ce minerai stratégique est essentiel à la transition énergétique et à l'approvisionnement des industries technologiques mondiales.
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