Dans un communiqué conjoint diffusé, mercredi soir, à la télévision nationale, le gouvernement congolais et le M23 ont annoncé avoir tenu des discussions "franches et constructives"
à Doha, débouchant sur une résolution commune d'œuvrer "à la conclusion d'une trêve en vue d'un cessez-le-feu effectif"
. Les deux parties se sont engagées à une "cessation immédiate des hostilités"
et ont rejeté "tout discours de haine et d'intimidation"
, selon ce texte relayé également par l'agence de presse gouvernementale. Plus tôt dans la journée du mercredi, les deux parties ont annoncé l'échec des négociations entamées depuis près de trois semaines sous l'égide du Qatar.
La délégation du M23/AFC, conduite par Bertrand Bisimwa, a quitté Doha mercredi sans accord formel, dans un climat marqué par la méfiance et des lignes rouges jugées infranchissables.
Un point de blocage central a été soulevé concernant la libération des prisonniers M23/AFC.
D'après des informations recueillies par le correspondant de l'agence Anadolu, Kinshasa avait libéré 5 détenus en signe de bonne volonté en échange du retrait des rebelles du territoire de Walikale, mais la rébellion aurait refusé de reconnaître cette mesure affirmant que les personnes libérées ne figuraient pas sur sa liste transmise à la médiation et aux autorités.
Autre sujet de discorde : la représentativité de la délégation congolaise. "Que pouvons-nous décider avec des gens qui ont des mandats limités ? Ils ne peuvent pas engager la République"
, a déclaré un des responsables du M23 à l'agence Anadolu, dénonçant une équipe composée uniquement "de simples experts"
. Le M23 a également posé des conditions préalables jugées inacceptables par Kinshasa : la libération de plusieurs centaines de prisonniers, un engagement public du président à négocier, et la levée de l'interdiction de l'assemblée nationale à intégrer des membres des groupes armés dans les forces de sécurité à l'issue des négociations.
Alors que les affrontements ont repris à Walikale — localité que les rebelles avaient évacuée le 2 avril à la demande du Qatar et des États-Unis — le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya a tempéré les inquiétudes, qualifiant les combats d'"incidents"
et estimant qu'il est "précipité"
de parler d'un échec des négociations. La médiation qatarie, jusqu'ici restée discrète, n'a pas commenté l'évolution de sa mission.
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