Interrogée par Anadolu au sujet de récentes déclarations du président algérien Abdelmadjid Tebboune, une source diplomatique française a indiqué que "la relation entre l’Union européenne et l’Algérie est marquée par un différend commercial, en raison de barrières au commerce mises en place par l’Algérie depuis 2021"
. Elle ajoute que ces mesures ont conduit la Commission européenne à "enclencher, en juin 2024, une procédure de règlement des différends et à nommer un arbitre"
. "Guerre économique"
La même source souligne que ces entraves "touchent l’ensemble des pays européens dont la France"
, ajoutant que Paris est "également visé par des barrières additionnelles depuis plusieurs mois"
. La réponse ne comporte pas de démenti explicite aux accusations algériennes de "guerre économique"
, mais elle renvoie le dossier à un mécanisme juridique européen, dépassant le cadre strictement bilatéral. Dans une interview diffusée par la télévision publique algérienne, Abdelmadjid Tebboune a multiplié les allusions à la France sans la nommer.
"En toute démocratie, je ne réponds pas en ce qui concerne la France"
, a-t-il déclaré, avant d’évoquer un pays qui aurait "bloqué les discussions"
entre l’Algérie et l’Union européenne et mènerait "une guerre"
économique contre son pays."Consensus, moins un (moins un pays)"
Le président algérien a cité l’exemple des exportations de rond à béton vers l’Europe, expliquant que "l’UE attribue à l’Algérie un quota pour chaque trimestre, quantité qui est totalement consommée en 12 jours"
, alors que, selon lui, 85 % des achats algériens proviennent d’Europe. Il a affirmé que son pays avait demandé la renégociation de l’accord d’association avec l’Union européenne, estimant qu’il existait un "consensus, moins un (moins un pays)"
, laissant entendre qu’un État membre – sans le nommer – ferait obstacle. Abdelmadjid Tebboune a également évoqué l’histoire des relations économiques franco-algériennes, rappelant l’embargo sur le vin algérien après l’indépendance et affirmant :
Ils ne veulent pas comprendre qu’il ne faut pas faire du chantage à l’Algérie.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans un climat déjà tendu entre Paris et Alger, marqué ces derniers mois par des désaccords sur les questions migratoires, notamment autour des obligations de quitter le territoire français (OQTF), ainsi que par des crispations politiques récurrentes.
La judiciarisation du différend commercial au niveau européen ajoute une dimension supplémentaire à une relation bilatérale algéro-française historiquement sensible, où les dossiers économiques, mémoriels et migratoires demeurent étroitement imbriqués depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962.
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