Des commandos des Royal Marines sont montés à bord du navire SMYRTOS à la faveur de l'obscurité, descendant suspendus à des cordes depuis un hélicoptère.
Les forces britanniques ont procédé dimanche à l'arraisonnement d'un pétrolier russe dans la Manche avec le concours de la France, une opération qualifiée de "première" par le ministère de la Défense, selon des sources officielles.
Selon des images diffusées par le ministère britannique de la Défense, des commandos des Royal Marines sont montés à bord du navire SMYRTOS à la faveur de l'obscurité, descendant suspendus à des cordes depuis un hélicoptère. L'opération, menée à l'aube pour une durée totale de six heures, a mobilisé un important dispositif aérien comprenant notamment des hélicoptères Chinook, Merlin Mk4 et Wildcat, ainsi que des bâtiments de surface de la marine royale. La frégate HMS Sutherland et le chasseur de mines HMS Ledbury ont également participé à cette mission conjointe.
L'arraisonnement salué par Kiev
Le ministère de la Défense a précisé que ce navire serait transféré vers un mouillage au large de la côte sud de l'Angleterre et placé sous surveillance rapprochée.
"Lors de la première opération de ce type dirigée par le Royaume-Uni, le navire SMYRTOS a été arraisonné par des commandos des Royal Marines et des agents des forces de l'ordre spécialement formés de l'Agence nationale contre le crime, malgré les efforts de la Russie pour contourner les sanctions et continuer à alimenter sa guerre barbare en Ukraine"
, a détaillé l'institution dans un communiqué officiel.
Par ailleurs, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est dit sur le réseau social X
"reconnaissant au Royaume-Uni d'avoir pris cette mesure importante contre la flotte pétrolière de la Russie"
.
"Chaque décision de nos partenaires qui prive d'argent la Russie limite aussi la guerre elle-même",
a-t-il souligné.
Flotte fantôme et sécurité énergétique
De son côté, le ministre britannique de la Défense Dan Jarvis a affirmé que
"la Russie s'appuie sur sa flotte fantôme pour financer son conflit en Ukraine et notre interception porte un coup à la guerre illégale de Poutine"
, précisant que l'opération avait été menée
"en étroite coordination avec les Français"
. Il a également assuré que perturber ces navires avec l'aide de partenaires internationaux
"permet de s'attaquer directement aux ressources qui alimentent l'agression de la Russie en Ukraine et de réduire sa capacité à menacer la sécurité en Europe et au-delà".
En outre, le Premier ministre britannique Keir Starmer a estimé que cette action avait porté
"un nouveau coup à la Russie et rappelle à ceux qui alimentent la guerre de Poutine en Ukraine qu'ils ne peuvent pas se cacher"
. Toutefois, cette interception intervient dans un contexte où Londres a déjà sanctionné des centaines de navires soupçonnés d'appartenir à cette flotte fantôme utilisée pour contourner les embargos occidentaux depuis 2022.
Menaces sur les infrastructures critiques
Selon des sources gouvernementales britanniques, ces pétroliers, généralement anciens et à la propriété douteuse, se voient interdire l'accès aux ports et services du Royaume-Uni. Par ailleurs, ils sont soupçonnés d'avoir endommagé à plusieurs reprises des câbles sous-marins dans la mer Baltique, participant selon des experts militaires à une
"guerre hybride"
menée par Moscou dans cette région stratégique désormais entièrement bordée par des membres de l'Otan, à l'exception de la Russie.
Le gouvernement britannique a indiqué qu'il proposerait une nouvelle législation visant à empêcher
"la Russie et d'autres États hostiles"
de saboter des câbles internet sous-marins vitaux, la Grande-Bretagne étant reliée au reste du monde par environ 64 grands câbles de télécommunications sous-marins. Dans ce contexte, l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui a démissionné cette semaine en accusant M. Starmer de ne pas fournir de financements suffisants pour défendre le pays, avait déclaré en avril que les forces armées avaient pisté et dissuadé trois sous-marins russes dans les eaux britanniques de l'Atlantique Nord, à proximité de câbles et d'oléoducs sous-marins essentiels.
De plus, la France, la Belgique, la Finlande et d'autres pays européens ont également récemment saisi des navires de contournement des sanctions, élargissant ainsi la pression internationale sur ces infrastructures maritimes utilisées par le Kremlin pour financer ses opérations militaires.
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