Israël: Netanyahu sanctionné pour propagande électorale
11:38, 07/10/2026, mercredi
AA

XX
Le Premier ministre israélien Netanyahu sur la base militaire de Tel Nof, le 29 septembre 2026.Le comité central des élections d'Israël a sanctionné Benjamin Netanyahu pour la deuxième fois. Il lui ordonne de supprimer de ses comptes personnels une vidéo tournée à la base aérienne de Tel Nof, qualifiée de propagande électorale. Le Premier ministre paie 2 500 shekels de frais, après 29 000 shekels pour une première décision. Le scrutin du 27 octobre s'annonce serré, alors que Netanyahu est jugé pour corruption et visé par la CPI.
Le comité central des élections d'Israël a sanctionné Benjamin Netanyahu pour la deuxième fois. Il lui ordonne de retirer une vidéo de ses comptes personnels. Il le condamne aussi à payer des frais de justice.
Le motif tient en deux mots : "propagande électorale". L'instance juge que des images tournées sur une base militaire servaient la campagne du Premier ministre. L'information a été rapportée mardi 6 octobre 2026 par la chaîne israélienne Channel 7, selon l'agence Anadolu (AA).
Ce que le comité des élections a ordonné à Netanyahu
Le président du comité, le juge de la Cour suprême Noam Sohlberg, a rendu la décision. Il exige la suppression d'une vidéo tournée à la base aérienne de Tel Nof. Netanyahu doit aussi verser 2 500 shekels (environ 821 dollars) de frais.
Le motif juridique est précis. En effet, la publication sur des comptes personnels enfreint la loi électorale. Elle mobilise des ressources publiques, dont une base militaire et un avion de l'armée de l'air israélienne.
Cependant, la décision laisse une marge au Premier ministre. Il peut conserver la vidéo sur ses comptes officiels. La distinction tient donc à l'usage: un compte personnel sert la campagne, un compte officiel relève de la fonction.
Une vidéo tournée à Tel Nof, avec un avion en arrière-plan
Netanyahu a publié ce clip le 29 septembre. Il parle depuis la base de Tel Nof, dans le centre d'Israël. Un avion de l'armée de l'air apparaît derrière lui.
Dans la vidéo, il met en garde contre de possibles attaques. Selon Channel 15, il évoque des
"indications que nos ennemis tenteront de nous attaquer avant les élections"
. Par ailleurs, le message mêle sécurité nationale et enjeu électoral. C'est précisément ce que l'instance lui reproche.Une seconde sanction en quelques jours
Cette décision suit une première. Dimanche, Noam Sohlberg a accepté cinq requêtes contre Netanyahu. Elles dénonçaient l'usage de discours officiels et de l'armée à des fins de propagande sur ses comptes personnels.
L'une visait une vidéo tournée lors d'une visite sur une position militaire dans le sud du Liban. Le juge a relevé que le montage mettait en avant les réalisations du gouvernement. En revanche, les passages consacrés au moral et à l'hommage aux soldats avaient disparu.
"C'est évidemment de la propagande électorale"
, a tranché le président du comité. Il a ordonné le retrait des publications. Netanyahu doit payer 29 000 shekels (environ 9 000 dollars) de frais.Un scrutin serré le 27 octobre
Les élections à la Knesset, le Parlement israélien, auront lieu le 27 octobre. Le Likoud, le parti de Netanyahu, dirige la coalition au pouvoir. Il affronte les partis d'opposition.
Les sondages récents ne donnent la majorité à aucun camp. Il faut 61 sièges pour former un gouvernement. Un sondage de la chaîne publique KAN, publié dimanche, attribue 52 sièges à l'opposition contre 51 à la coalition.
Dans ce contexte, chaque image compte. De plus, l'armée devient un décor de campagne à quelques semaines du vote. C'est pourquoi le comité surveille de près les publications du Premier ministre.
Un Premier ministre jugé pour corruption et visé par la CPI
Netanyahu dirige le gouvernement depuis fin décembre 2022. Cet exécutif est décrit comme le plus à droite de l'histoire d'Israël. Le Premier ministre est par ailleurs jugé pour corruption, ce qu'il conteste.
La Cour pénale internationale (CPI) a également émis un mandat d'arrêt contre lui. Elle le vise pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza. Ce double contexte judiciaire pèse sur toute la campagne.
La mise en scène de l'armée prend ici un relief particulier. En effet, cette même armée mène la guerre à Gaza, où les civils palestiniens paient le prix le plus lourd. Un dirigeant visé par la justice internationale transforme donc ses soldats en argument de campagne.
Le comité des élections a au moins posé une limite. Elle reste toutefois étroite, puisque les comptes officiels échappent à la sanction.
Ce qu'il faut retenir
Pour la deuxième fois, le comité central des élections rappelle Netanyahu à la loi. Il a ordonné le retrait de vidéos tournées sur des sites militaires. Les frais s'élèvent à 2 500 shekels pour la dernière décision, et à 29 000 shekels pour la précédente.
Le scrutin du 27 octobre s'annonce serré. Aucun bloc ne dépasse clairement les 61 sièges nécessaires. Les prochains jours diront si le Premier ministre change de méthode ou s'il multiplie les publications contestées.
A lire également:
Combien de vies reste-t-il à Israël ?

International
Étudiants palestiniens bloqués par les checkpoints

International
Israël: la CIA alerte sur un risque d'effondrement
Titres : israëlNetanyahupropagande électoralecomité central des élections IsraëlNoam Sohlbergvidéo Tel Nofélections israéliennes 2026KnessetLikoudmandat d'arrêt CPIarmée israéliennebenjamin netanyahucour suprêmecpicour pénale internationalecorruptioncomité central des électionscrimes de guerregazascrutin du 27 octobrebase aérienne de tel noftel nofélections législatives israéliennescampagne électoralesanctions électorales
