Mobilisations lycéennes: Nunez défend le dispositif policier
12:55, 06/10/2026, mardi
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JULIEN DE ROSAAFP
Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion consacrée aux manifestations étudiantes, à l'Hôtel de Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur, à Paris, le 30 septembre 2026.Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a affirmé sur France Inter que la situation demeurait "sous contrôle", faisant état de plusieurs dizaines de lycées concernés et de plus de 6 000 interpellations depuis le début du mouvement.
La situation reste "sous contrôle"
Selon ses déclarations sur France Inter, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a assuré mardi que la situation sécuritaire demeurait maîtrisée malgré les mobilisations lycéennes et les manifestations annoncées dans plusieurs villes du pays.
Il a précisé que quelques dizaines de lycées étaient déjà concernés par des blocages ou des rassemblements dans la matinée, tout en indiquant que plus de 6 000 personnes avaient été interpellées et 715 policiers et gendarmes blessés depuis le début du mouvement.
Par ailleurs, il a confirmé l'existence de dix enquêtes de l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) portant sur des interventions policières.
L'incident de Lens et les enquêtes en cours
Concernant le jeune de 15 ans blessé à Lens ayant perdu une main, Laurent Nunez s'est exprimé avec gravité.
"C'est évidemment un drame"
, a-t-il déclaré, précisant que les enquêtes en cours devront déterminer les circonstances exactes des faits et établir si les interventions ont été proportionnées.Selon les éléments dont il disposait, les forces de sécurité auraient été confrontées à une situation d'extrême tension, avec des jets de projectiles et l'utilisation présumée d'un cocktail Molotov avant l'intervention destinée à disperser l'attroupement.
Toutefois, le ministre a insisté sur le fait que l'enquête de l'IGPN devait établir précisément les circonstances de la blessure, notamment pour déterminer si les moyens employés avaient été adaptés à la situation.
Refus d'excuses et défense du dispositif
De plus, Laurent Nunez a refusé de présenter des excuses au nom de l'État avant que les responsabilités ne soient établies par la justice.
"Ces enquêtes diront si l'intervention policière a été proportionnée ou pas. Moi, je m'en remets à la justice"
, a-t-il affirmé, soulignant qu'il ne présumerait pas des conclusions des investigations en cours.Il a également défendu le principe d'un usage encadré et proportionné des équipements de maintien de l'ordre, rejetant fermement le terme de
"répression policière".
Selon la même source, il estime que l'action des forces de sécurité doit être distinguée de la gestion des mobilisations pacifiques, qui relèvent de la liberté de manifestation.
Consignes pour les forces de l'ordre
En outre, le ministre a détaillé le dispositif prévu pour la journée de mobilisation, expliquant que les forces de sécurité seraient positionnées à proximité des établissements scolaires afin de prévenir les dégradations, les tentatives d'intrusion et les débordements.
"Il n'y aura pas d'intervention des forces de l'ordre s'il n'y a pas de violence, s'il n'y a pas de dégradation"
, a-t-il précisé, ajoutant que les forces n'interviendraient pas lors de rassemblements pacifiques ne présentant pas de trouble à l'ordre public.Il a toutefois rappelé que des interventions seraient déclenchées en cas d'atteintes aux personnes ou aux biens, de dégradations ou de violences contre les forces de l'ordre, les enseignants ou les établissements scolaires, justifiant ainsi une réaction proportionnée face aux troubles.
Prochaines mobilisations et contexte
Par ailleurs, Laurent Nunez a évoqué l'extension du mouvement à d'autres catégories sociales, notamment avec les mobilisations annoncées par des agriculteurs et l'appel intersyndical prévu le 5 novembre.
Il a déclaré ne pas craindre les manifestations lorsqu'elles sont déclarées et organisées dans un cadre légal, tout en exprimant sa préoccupation concernant une éventuelle présence de groupes violents susceptibles de perturber ces rassemblements.
Le mouvement lycéen, actif depuis fin septembre, s'est accompagné de nombreuses fermetures d'établissements, de plus d'un millier d'interpellations et de plusieurs blessés parmi les élèves, les personnels scolaires et les forces de l'ordre.
Des incendies volontaires, jets de projectiles et dégradations ont également été signalés, entraînant dans certains cas la fermeture temporaire d'établissements, tandis que les rassemblements pacifiques doivent, selon le ministre, rester sans intervention policière.
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