Nouvelle Calédonie : Le FLNKS et les nationalistes demandent la démission du président du gouvernement Alcide Ponga

Ce mardi, une lettre ouverte de quatre pages, signée de Pierre-Chanel Tein Tutugoro, président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes, appelle à la démission du président du gouvernement, Alcide Ponga. Le texte dénonce des "choix budgétaires contraires à la justice sociale" et une "relation déséquilibrée avec l’État", réclamant l’ouverture d’un "nouveau cycle politique".
Contexte national et institutionnel
À Paris, le gouvernement de Sébastien Lecornu laisse en suspens plusieurs dossiers cruciaux, dont le budget 2026 et la situation calédonienne. Le projet de loi visant à reporter les élections provinciales, initialement prévu en Conseil des ministres, pourrait être retardé, faute de gouvernement pleinement en fonction. En conséquence, le scrutin, déjà ajourné, pourrait finalement se tenir le 30 novembre avec un corps électoral gelé, sauf décision contraire.
L’accord de Bougival et le refus du FLNKS
Ce report s’inscrit dans le prolongement de l’accord de Bougival signé le 12 juillet 2025 entre l’État et les forces politiques calédoniennes, à l’exception du FLNKS, qui a refusé de s’y associer.
L’accord prévoit la création d’un État de la Nouvelle-Calédonie, l’instauration d’une nationalité calédonienne, et le transfert progressif de certaines compétences régaliennes. Il marque une nouvelle étape dans le processus de décolonisation, en continuité avec les accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998).
Le plan PS2R, entre relance et fracture politique
Présenté en octobre 2025 au centre culturel Tjibaou en présence du ministre des Outre-mer François-Noël Buffet, le plan PS2R vise à redresser l’économie et à repenser le modèle social et institutionnel du territoire après les émeutes de 2024.
Entre un exécutif local fragilisé, un gouvernement français en transition et des tensions persistantes autour du corps électoral, la situation en Nouvelle-Calédonie reste hautement incertaine. Les débats sur la gouvernance et l’avenir institutionnel de l’archipel s’enracinent désormais dans une crise politique plus large, à la fois locale et nationale, où s’entremêlent enjeux sociaux, budgétaires et identitaires.
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