Nouvelle Calédonie : Le FLNKS et les nationalistes demandent la démission du président du gouvernement Alcide Ponga

12:29, 21/10/2025, mardiM: Mise à jour: 13:43, 21/10/2025, mardi
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Nouvelle Calédonie : Le FLNKS et les nationalistes demandent la démission du président du gouvernement Alcide Ponga
@KanakySuportX / ARCHIVE
Les élus du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, Pierre Chanel Téin Tutugoro, Roch Wamytan, Daniel Goa, Omayra Naisseline, Henriette Tidjine-Hmae et Pabouty Uué Sylvain rencontre avec la mission d'information du FIP, le 29 octobre 2025.

Ce mardi, une lettre ouverte de quatre pages, signée de Pierre-Chanel Tein Tutugoro, président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes, appelle à la démission du président du gouvernement, Alcide Ponga. Le texte dénonce des "choix budgétaires contraires à la justice sociale" et une "relation déséquilibrée avec l’État", réclamant l’ouverture d’un "nouveau cycle politique".

Les indépendantistes reprochent au gouvernement d’avoir tourné le dos au plan de sauvegarde, de refondation et de reconstruction (PS2R) initié par Louis Mapou, et d’avoir mis la Nouvelle-Calédonie
"sous tutelle financière et administrative de l’État".

Ils critiquent notamment les coupes dans les prestations familiales et l’allocation logement, qu’ils qualifient de
"braquage social"
, et accusent le président Ponga d’avoir transformé la promesse de reconstruction en politique d’austérité. Le groupe menace de prendre ses
"responsabilités institutionnelles et politiques"
si ce dernier n’admet pas son
"échec politique".

Cette lettre intervient dans un climat politique tendu, alors que le membre du gouvernement chargé du budget, Thierry Santa, a confirmé son départ pour raisons personnelles. Sa démission, effective le 1ᵉʳ novembre, pose la question de sa succession. Naïa Wateou (Les Loyalistes) se trouve la prochaine sur la liste et pourrait entrer au gouvernement, au risque de rompre l’équilibre entre les composantes politiques de la majorité.

Contexte national et institutionnel


À Paris, le gouvernement de Sébastien Lecornu laisse en suspens plusieurs dossiers cruciaux, dont le budget 2026 et la situation calédonienne. Le projet de loi visant à reporter les élections provinciales, initialement prévu en Conseil des ministres, pourrait être retardé, faute de gouvernement pleinement en fonction. En conséquence, le scrutin, déjà ajourné, pourrait finalement se tenir le 30 novembre avec un corps électoral gelé, sauf décision contraire.


L’accord de Bougival et le refus du FLNKS


Ce report s’inscrit dans le prolongement de l’accord de Bougival signé le 12 juillet 2025 entre l’État et les forces politiques calédoniennes, à l’exception du FLNKS, qui a refusé de s’y associer.


L’accord prévoit la création d’un État de la Nouvelle-Calédonie, l’instauration d’une nationalité calédonienne, et le transfert progressif de certaines compétences régaliennes. Il marque une nouvelle étape dans le processus de décolonisation, en continuité avec les accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998).


Le projet de loi constitutionnelle déposé le 14 octobre au Sénat prévoit une consultation d’approbation avant le 26 avril 2026. Si le texte est validé, il permettra à la Nouvelle-Calédonie d’adopter une Loi fondamentale, sorte de constitution locale, et de fixer son propre cadre institutionnel. Une loi organique viendra ensuite préciser la répartition des compétences entre Paris et Nouméa.

Le FLNKS, par la voix de son bureau politique, a dénoncé une
"instrumentalisation"
de la situation calédonienne par le gouvernement français et appelé les parlementaires à ne pas faire de l’archipel
"un enjeu de leurs luttes politiques internes"
. Le mouvement réaffirme sa volonté d’un dialogue
"sincère et décolonial"
fondé sur l’Accord de Kanaky pour l’indépendance, qu’il considère comme le seul cadre légitime de négociation.

Le plan PS2R, entre relance et fracture politique


Présenté en octobre 2025 au centre culturel Tjibaou en présence du ministre des Outre-mer François-Noël Buffet, le plan PS2R vise à redresser l’économie et à repenser le modèle social et institutionnel du territoire après les émeutes de 2024.


Ce plan est articulé autour de trois axes qui sont la sauvegarde à court terme, la refondation du modèle calédonien, et la reconstruction à long terme. Il devrait servir de feuille de route pour les réformes à venir et mobiliser 60 milliards de francs CFP.

Mais pour le groupe UC-FLNKS et Nationalistes, l’esprit de ce plan a été
"abandonné"
. Le désaccord sur la trajectoire budgétaire et la relation avec l’État illustre aujourd’hui une fracture politique profonde au sein du gouvernement collégial.​​​​​​​

Entre un exécutif local fragilisé, un gouvernement français en transition et des tensions persistantes autour du corps électoral, la situation en Nouvelle-Calédonie reste hautement incertaine. Les débats sur la gouvernance et l’avenir institutionnel de l’archipel s’enracinent désormais dans une crise politique plus large, à la fois locale et nationale, où s’entremêlent enjeux sociaux, budgétaires et identitaires.


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