Iran: conditions maintenues pour rouvrir Ormuz
11:53, 27/09/2026, dimanche
AFP

Photo par CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi arrive pour la 81e Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU à New York, le 22 septembre 2026. L'Iran maintient ses conditions pour rouvrir le détroit d'Ormuz, malgré le rejet par le président américain Donald Trump d'une proposition en ce sens, a indiqué dimanche le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, cité par la télévision d'État.
Selon la télévision d'État iranienne, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a indiqué dimanche que Téhéran maintenait ses exigences pour la réouverture du détroit stratégique d'Ormuz, au lendemain du refus du président américain Donald Trump d'accepter une proposition en ce sens. Le chef de la diplomatie iranienne a précisé que les conditions de la République islamique demeuraient inchangées malgré les pressions américaines.
Conditions iraniennes et proposition diplomatique
"Nos conditions sont claires, et tout mouvement vers la réouverture du détroit d'Ormuz dépend de la satisfaction de ces conditions. Nous ne reviendrons pas dessus",
a déclaré M. Araghchi dans une interview télévisée, affirmant que Téhéran ne transigerait pas sur ses exigences préalables."Nous n'avons jamais fermé la porte à la diplomatie ou aux négociations, mais, dans le même temps, nous n'avons jamais renoncé à nos droits",
a-t-il ajouté, soulignant la volonté iranienne de préserver ses intérêts nationaux. Téhéran avait soumis vendredi aux États-Unis une proposition prévoyant la réouverture du passage maritime sous sept jours à compter de son acceptation, selon les termes communiqués par la présidence.Par ailleurs, le président iranien Massoud Pezeshkian a précisé que cette initiative avait été élaborée en coordination avec le guide suprême Ali Khamenei, ultime arbitre des décisions de la République islamique, et qu'une équipe de six personnes investies du pouvoir de prendre des décisions avait été constituée pour superviser les négociations. Cette structure vise à garantir une réponse rapide et cohérente aux propositions américaines, a-t-il indiqué.
Rejet américain et réponse de Trump
"Je rejette leur proposition"
, a répondu samedi le président américain devant la presse à sa sortie de la Maison Blanche, réaffirmant sa position hostile aux demandes iraniennes. Donald Trump a affirmé que les dirigeants iraniens souhaitaient cet accord car "ils sont en train de méchamment perdre",
selon ses propres termes.Peu de temps avant cette déclaration, le locataire de la Maison Blanche avait publié sur son réseau Truth Social une carte du détroit d'Ormuz avec la mention
"Détroit Trump",
provoquant des réactions à Téhéran. Toutefois, l'Iran n'a pas immédiatement fermé la porte aux discussions, indiquant sa volonté d'attendre les communications officielles."Nous avons vu la première réaction du président américain, mais jusqu'à présent, rien ne nous a été transmis par le médiateur",
a réagi M. Araghchi, décrivant l'attente diplomatique actuelle. Le ministre a également ajouté: "nous attendons que les médiateurs nous communiquent les positions définitives, et nous prendrons une décision sur cette base"
, laissant entrevoir une marge de manœuvre limitée mais réelle.Enjeux régionaux et sécurité énergétique
Le détroit d'Ormuz, par où transitait avant-guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, se trouve au cœur du conflit que les États-Unis et Israël ont déclenché fin février avec des frappes sur l'Iran, bouleversant l'équilibre régional. Depuis lors, la République islamique en revendique le contrôle exclusif, tandis que Washington impose un blocus strict aux ports iraniens, aggravant les tensions commerciales.
Selon le Wall Street Journal, Donald Trump envisage de reprendre les bombardements contre l'Iran après les élections législatives de mi-mandat aux États-Unis prévues le 3 novembre, une perspective qui inquiète les observateurs diplomatiques. Les États-Unis n'avaient pas frappé le territoire iranien depuis le 1er septembre, date où une série d'attaques avait notamment fait cinq morts lors d'un mariage dans le sud-est du pays, rappelant la violence des combats.
De plus, la guerre au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix des carburants aux États-Unis, accentuant l'impopularité croissante du conflit à l'approche du scrutin électoral. Dans ce contexte, le chef de la diplomatie saoudienne, Fayçal ben Farhane, a rappelé samedi à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU que
"la stabilité de cette région vitale est directement liée à la sécurité énergétique mondiale",
soulignant l'importance du Golfe pour l'économie planétaire.L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, a appelé à protéger la liberté de navigation et fustigé les
"manquements"
de la communauté internationale face à l'escalade des tensions. Avant le rejet de Donald Trump, M. Araghchi avait précisé que les mesures attendues des États-Unis en échange de la réouverture d'Ormuz figuraient déjà dans le protocole d'accord signé en juin, notamment l'arrêt immédiat des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban où l'armée israélienne combat le groupe pro-iranien Hezbollah.En outre, ce protocole prévoyait le déblocage d'avoirs iraniens gelés depuis la Révolution islamique de 1979 ainsi que la levée des sanctions américaines qui étranglent l'économie du pays. Dans un entretien exclusif à l'AFP, le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi, a également insisté sur la nécessité de mettre fin aux combats au Yémen, où les Houthis ont consolidé leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb depuis une offensive meurtrière lancée en septembre.
À lire également:

International
Vols iraniens suspendus : Bagdad sollicite une exemption

International
Plan iranien pour rouvrir Ormuz validé par le guide suprême

International
Trump rejette l'offre iranienne sur Ormuz