"Les morts ne sont pas tous comptabilisés", selon Imane Maarifi, première infirmière française à être entrée à Gaza après le 7 octobre

Imane Maarifi, infirmière française, a raconté son expérience au sein d'une mission humanitaire à Gaza. Confrontée à des conditions extrêmes, elle a témoigné des manques criants de matériel médical et de la nécessité d'un renforcement de l'aide humanitaire.
Le 21 janvier dernier, c'est aux côtés de l'ONG Palmed qu'Imane Maarifi, infirmière française, accède à la bande de Gaza pour une mission humanitaire.
Parmi les 21 professionnels de santé envoyés, 7 sont arrivés de France. Le groupe a ensuite quitté l'enclave palestinienne le 7 février, après deux semaines particulièrement éprouvantes et une mission qui restera gravée à jamais dans leurs esprits après avoir été confrontés à l'indicible.
Dans un entretien à Anadolu, Imane Maarifi est revenue avec beaucoup de pudeur et de distance, sur ce voyage hors norme, au cours duquel elle a dû exercer son métier dans des conditions qu'elle n'avait jamais connues.
Les "morts ne sont pas comptabilisés comme il faudrait"
À peine arrivés au Caire au terme de leur mission à Gaza, les soignants français ont reçu la visite d'une délégation parlementaire venue de Paris pour les soutenir.
Selon elle, la priorité est systématiquement donnée aux enfants et la plupart des médicaments qui pourraient venir à manquer sont scrupuleusement économisés pour pouvoir soigner les plus jeunes et fragiles.
Mais face à un système de soin à l'agonie, Imane Maarifi est forcée de s'adapter, comme l'ensemble du personnel de santé local, aux restrictions qui visent l'entrée de l'aide humanitaire, livrée de manière aléatoire.
L'humanité malgré un contexte apocalyptique
Dès son arrivée, Imane Maarifi est confrontée à la mort, et accueillie dans un hôpital, devenu un véritable lieu de vie, mais surtout un lieu de mort.
Elle explique que dans les locaux du bâtiment médical:
Les linceuls côtoient les gens qui vivent.
Mon premier amour c'est la réanimation.
Pour rappel, la guerre lancée par Israël sur la bande de Gaza au lendemain des attaques du 7 octobre, a déjà provoqué près de 42 000 morts dans l'enclave palestinienne et fait des dizaines de milliers de blessés.
Après un an d'offensive génocidaire, 34 hôpitaux sur 38 ont été mis hors service, ne laissant donc que 4 hôpitaux en état de fonctionner malgré les pénuries de matériel médical et de médicaments.
En dépit de la situation catastrophique sur place et les condamnations de la communauté internationale, l'armée israélienne poursuit son offensive, désormais étendue au Liban.
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