13:01, 22/07/2026, mercredi
Une marche vers Gaza pour réclamer de nouvelles colonies
Des milliers d'Israéliens, colons et militants d'extrême droite en tête, ont marché vers la bande de Gaza pour exiger du gouvernement le rétablissement de colonies dans le territoire palestinien dévasté par le génocide. Les participants revendiquent ouvertement un retour sur les ruines de Gaza, vingt ans après le démantèlement des colonies de 2005. Certains annoncent déjà l'annexion du nord de l'enclave comme première étape d'un projet territorial plus large.
Des milliers d'Israéliens, parmi lesquels des colons, des religieux et des militants, ont marché en direction de la bande de Gaza. Leur objectif: faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il autorise l'implantation de colonies dans le territoire palestinien qu'il a dévasté par le génocide.
Les organisateurs refusent le terme de manifestation. Ils parlent d'un retour, présenté comme une évidence historique.
"Il y a des milliers de personnes ici aujourd'hui. Elles sont là, elles défilent, et je ne vais pas appeler ça une manifestation, car ce n'en est pas une"
, explique Daniel Sellem, un participant. "Nous marchons aujourd'hui pour dire au gouvernement israélien et montrer au monde entier que cette terre nous appartient, que Gaza nous appartient réellement et que nous voulons y retourner. Nous y vivions avant d'en être expulsés en 2005."
Une pression assumée sur le gouvernement israélien
Le message adressé aux autorités est explicite. Les marcheurs demandent le feu vert immédiat pour s'installer dans l'enclave palestinienne.
"Nous sommes ici pour dire à notre gouvernement de passer enfin à l'action et de nous permettre d'y retourner sans plus attendre, car nous sommes prêts"
, affirme un autre participant. "Nous essayons de faire pression sur eux et j'ai bon espoir que cela fonctionnera et que nous y retournerons pour y vivre dès que possible."
Cette mobilisation intervient alors que la bande de Gaza est réduite à l'état de ruines et que sa population, décimée et déplacée à plusieurs reprises, survit dans des conditions humanitaires catastrophiques.
Le mythe du "retour" et l'héritage de 2005
Les participants s'appuient sur le démantèlement des colonies du Gush Katif, en 2005, pour justifier leur revendication. Une lecture qui efface la présence palestinienne à Gaza.
"Nous organisons une grande marche pour retourner dans la bande de Gaza, là où les Juifs ont vécu pendant des centaines, voire des milliers d'années"
, déclare Yechiel Greenblum. "Il y a vingt ans, certaines colonies ont été temporairement démantelées à la suite d'une décision terrible, vraiment terrible, prise par le gouvernement israélien, et nous y retournons, nous retournons simplement là où nous avons toujours été."
Le terme
"temporairement"
résume la logique du mouvement colonialiste: le retrait de 2005 n'aurait jamais été qu'une parenthèse."Ce n'est qu'un début": un projet d'annexion revendiqué
Au-delà de Gaza, plusieurs participants évoquent ouvertement un projet territorial élargi, dans la continuité de la colonisation en Palestine occupée (Cisjordanie).
"Il n'y avait aucune raison d'expulser les Juifs il y a vingt ans, et il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas y retourner"
, estime un manifestant. "Vous voyez à quel point il est facile de marcher: des milliers de personnes viennent tout naturellement marcher vers leur patrie. Cette terre fait partie de la patrie d'Israël, ce n'est qu'un début."
Et de préciser:
"Toute la bande de Gaza fait en réalité partie d'Israël. À terme, nous récupérerons davantage de territoire, mais nous commençons ici. Nous commençons par la partie nord, où rien ne justifie que les Juifs, le gouvernement israélien et le peuple israélien ne puissent pas revenir s'y installer."
Une colonisation contraire au droit international
Le transfert de population civile de la puissance occupante vers un territoire occupé est interdit par la Quatrième Convention de Genève. Toutes les colonies israéliennes, à Gaza comme en Palestine occupée (Cisjordanie), sont illégales au regard du droit international.
Ces marches, tolérées voire encouragées par une partie de la classe politique israélienne, traduisent la banalisation d'un projet de nettoyage ethnique: vider Gaza de ses habitants palestiniens pour y installer des colons.
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