Nigeria: l'harmattan, nouveau fléau pour les déplacés internes en pleine crise humanitaire

Les vents froids de l'harmattan soufflant sur le nord du Nigeria mettent en lumière une réalité difficile pour les milliers de personnes vivant dans les camps de déplacés internes (PDI) du pays.
Fuyant les attaques du groupe terroriste Boko Haram dans le nord-est et la violence des bandits dans le nord-ouest, ces milliers de Nigérians sont désormais confrontés à un autre défi: survivre aux températures glaciales dans des camps surpeuplés et mal équipés.
L'insuffisance des infrastructures et le manque de protection exacerbent les difficultés de ces populations vulnérables, luttant contre le froid et l'exposition aux intempéries. Au camp PDI d'Ajiri, dans la capitale de l'État de Borno, Maiduguri, les conditions de vie sont dramatiques.
Depuis 2009, le groupe terroriste Boko Haram déstabilise le nord-est du Nigeria, provoquant près de 350 000 morts en 2020, selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Environ 2 millions de personnes ont été déplacées, dont 1,8 million dans l'État de Borno. Les organisations humanitaires internationales qualifient cette crise de catastrophique. Médecins Sans Frontières a averti que l'exposition prolongée au froid et le manque de soins de santé dans les camps créent une urgence sanitaire, augmentant le risque d'hypothermie et d'infections respiratoires.
L'impact de l'harmattan à Borno
Le nord-ouest du Nigeria face à la crise
Depuis que l'harmattan a commencé, mes enfants souffrent du froid et ont eu de la fièvre à plusieurs reprises.
Aishatu Tukur, 50 ans et mère de sept enfants, déplacée de Zamfara il y a trois ans, et sa famille vivent dans des conditions précaires, dépendant entièrement de l'aide humanitaire. Elle a expliqué:
Nous dormons par terre, il est donc impossible de se réchauffer dans ce froid.
Des efforts pour répondre à la crise
La malnutrition, exacerbée par le froid, est une autre préoccupation majeure. Les déplacés internes souffrent de pénuries alimentaires, affaiblissant leur système immunitaire. Ezekiel Manzo, porte-parole de l'Agence nationale de gestion des urgences du Nigeria (NEMA), assure que le gouvernement met tout en œuvre pour aider les PDI.
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