En parallèle de cette journée consacrée à l'atome, les ministres de l'Energie du G7 se réuniront à 13H45 dans la capitale pour "avancer"
sur la question de la flambée des cours du pétrole, qui chahute les prix du carburant. Organisé par la France, une des principales puissances nucléaires civile du monde (57 réacteurs), le sommet devrait réunir une quarantaine de pays et des organisations internationales, dont des représentants des Etats-Unis et de la Chine - principaux acteurs historiques du secteur -, des Etats européens et des pays membres du G7.
Après une première édition à Bruxelles en 2024, ce sommet en partenariat avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), s'ouvre dans une année 2026 marquée par le 15e anniversaire de l'accident de Fukushima (Japon) et le 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine).
Dans la continuité de la déclaration de la COP28 à Dubaï
L'objectif : "identifier les mesures pratiques nécessaires"
pour concrétiser la relance d'une énergie nucléaire "sûre et accessible à tous"
, en avançant notamment sur le sujet épineux du financement. La question est centrale au vu de la particularité des programmes nucléaires qui accusent souvent des retards et sont coûteux.
"Pour développer tous ces projets partout dans le monde, nous avons besoin des acteurs privés"
, en parallèle des financements publics, comme ceux des grandes banques multilatérales de développement, comme la Banque mondiale, insiste l'Elysée, qui compte mettre le sujet au premier plan.Paris entend faire de ce sommet une "séquence"
politique dans la continuité de la déclaration de la COP28 à Dubaï visant à tripler les capacités nucléaires installées à horizon 2050. Une trentaine de pays y ont souscrit et la France souhaite voir de nouveaux Etats endosser cette feuille de route. L'Union européenne doit aussi y dévoiler sa stratégie pour accélérer le développement des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) en Europe, visant une première commercialisation à l'horizon 2030. Bruxelles redoute d'être pris de vitesse par la Chine et les Etats-Unis et voudrait pousser les start-up européennes à s'associer afin d'aller plus vite.
Tombé en disgrâce après l'accident de la centrale japonaise en 2011, le secteur connaît un regain d'intérêt dans le monde, porté par les enjeux de souveraineté énergétique, la nécessité de décarboner l'énergie pour lutter contre le changement climatique et l'essor de l'intelligence artificielle, très vorace en électricité.
"Retour en force"
Aujourd'hui, le nucléaire représente 10% de l'électricité produite dans le monde, avec 450 réacteurs, dans une trentaine de pays.
Mais "une quarantaine d'(autres) pays ont manifesté un intérêt ferme"
depuis quelques années pour relancer l'atome ou construire leur industrie nucléaire, a indiqué lundi Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), à quelques journalistes. Comme en 2022, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la guerre au Moyen-Orient rappelle la vulnérabilité des pays dépendants aux importations d'énergies fossiles, entre risques d'approvisionnement et volatilité des marchés, mettant en lumière l'importance des énergies décarbonées souveraines, renouvelables et nucléaire.
"Il est dans l'intérêt des pays européens, pour leur sécurité énergétique et pour leur souveraineté, de développer davantage leurs énergies renouvelables - solaire, éolienne et autres - et d'opérer un retour en force de l'énergie nucléaire",
a souligné en ce sens Fatih Birol, le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE)."Le contexte géopolitique mondial et les tensions géoéconomiques croissantes, comme l'illustrent encore les événements en cours au Moyen-Orient, nous poussent à revoir nos modèles énergétiques, qui doivent être en mesure de combiner décarbonation, emplois et souveraineté énergétique",
fait valoir le président français dans le dossier de présentation du sommet.Retrouver un âge d'or du nucléaire comme dans les années 70 et 80 supposera toutefois de surmonter "des défis majeurs"
, entre "capacités industrielles, maîtrise des coûts et des délais, accès aux financements, sécurisation des chaînes d'approvisionnement en combustible et compétences humaines"
, souligne Clément Le Roy, expert en énergie chez Wavestone. A lire également:

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