15:12, 30/07/2026, jeudi
Vente de F-35 à la Türkiye: Trump balaie l'opposition de Netanyahu
Donald Trump a rejeté l'opposition de Benjamin Netanyahu à une vente de F-35 à la Türkiye. Il affirme que personne ne dicte à Washington ses ventes d'armes. Le président américain salue un "allié formidable" et qualifie Recep Tayyip Erdogan d'"ami" au bon bilan régional, notamment en Syrie. Ankara évoque une "approche positive", mais aucune décision finale n'est actée. Ce dossier illustre le rééquilibrage des forces au Moyen-Orient.
Le président américain Donald Trump a écarté l'opposition israélienne à une vente d'avions F-35 à la Türkiye. Il affirme que personne ne dicte à Washington ce qu'il peut vendre. Cette prise de position marque un tournant. En effet, elle renforce Ankara au moment où Israël voit son influence reculer.
Trump: "personne" ne décide à la place de Washington
Interrogé sur l'hostilité de Benjamin Netanyahu, Trump a répondu sans détour.
"Personne ne me dit ce que nous devons vendre ou non"
, a déclaré le président américain. Il s'exprimait devant la presse, à bord d'Air Force One.Le Premier ministre israélien avait pourtant plaidé sa cause en personne. Selon lui, une telle vente viendrait
"détruire l'équilibre des forces au Moyen-Orient".
Mais Trump n'a pas cédé. Au contraire, il a défendu son partenaire turc avec fermeté.Le message dépasse le simple dossier militaire. De plus, il envoie un signal clair aux alliés régionaux de Washington. La Türkiye gagne du terrain. Israël, lui, peine à imposer ses vues.
Erdogan, un "ami" salué pour son rôle régional
Trump a qualifié la Türkiye d'
"allié formidable"
. Par ailleurs, il a présenté le président Recep Tayyip Erdogan comme un "ami"
. Il a salué son "très bon travail"
sur les dossiers régionaux.Le président américain a notamment cité la Syrie. Ainsi, il a reconnu le poids diplomatique d'Ankara dans son voisinage immédiat. Ce soutien public tranche avec les années de tensions autour des F-35.
Trump a toutefois nuancé un point. Il a admis que la Türkiye n'était
"pas un grand partisan"
d'Israël. Cependant, cette réserve n'a pas entamé son appui. Pour lui, l'intérêt stratégique prime.Netanyahu isolé sur le dossier des F-35
L'opposition de Netanyahu s'appuie sur une rhétorique dure. Il décrit la Türkiye comme
"un régime infecté par les Frères musulmans"
. Il ajoute que ce mouvement "hait l'Amérique".
Ces attaques n'ont pas convaincu la Maison-Blanche.Le contraste est frappant. D'un côté, Israël multiplie les mises en garde. De l'autre, Washington resserre ses liens avec Ankara. En revanche, la position israélienne apparaît de plus en plus isolée.
Cette séquence intervient dans un climat régional tendu. Israël poursuit son offensive à Gaza. Sa crédibilité diplomatique s'érode auprès de plusieurs capitales. C'est pourquoi le soutien de Trump à la Türkiye pèse lourd sur les équilibres.
Ankara défend de longue date la cause palestinienne sur la scène internationale. La Türkiye dénonce les opérations israéliennes à Gaza. Par ailleurs, elle réclame une protection réelle pour les civils. Cette ligne alimente les tensions avec le gouvernement de Netanyahu.
Un dossier F-35 marqué par des années de blocage
La Türkiye faisait partie du programme F-35 jusqu'en 2020. Elle en a été exclue après l'achat de systèmes russes S-400. Cet achat avait déclenché des sanctions américaines contre Ankara.
Ces sanctions relevaient de la loi CAATSA. Elles visaient les pays commerçant avec le secteur militaire russe. Depuis, Ankara réclame son retour dans le programme. De plus, elle demande la levée de ces mesures.
Le climat a changé récemment. Lors du sommet de l'OTAN, Trump a annoncé la levée des sanctions liées aux S-400. Ainsi, la voie d'un retour turc dans le programme F-35 se dégage peu à peu.
Ankara salue "une approche positive"
Du côté turc, le ton reste optimiste mais prudent. Erdogan estime que Trump adopte
"une approche positive"
sur la livraison des F-35. Toutefois, aucune décision finale n'a été rendue publique.Les discussions se poursuivent entre les deux capitales. En effet, plusieurs points techniques et politiques restent à trancher. La prudence domine donc côté turc, malgré les signaux encourageants.
Ce dossier illustre un rééquilibrage plus large en Méditerranée. La Türkiye consolide son statut de puissance régionale. Par ailleurs, elle négocie désormais en position de force avec Washington.
Le calendrier joue aussi un rôle. En effet, ce dossier avance dans le sillage du dernier sommet de l'OTAN. La Türkiye y a pesé sur plusieurs discussions stratégiques. Ainsi, son retour possible dans le programme F-35 s'inscrit dans une dynamique plus favorable.
Ce que révèle le bras de fer
Le refus de Trump de suivre Netanyahu en dit long. Il montre les limites de l'influence israélienne sur ce dossier. Il confirme aussi le poids stratégique croissant de la Türkiye.
Pour Ankara, l'enjeu dépasse les avions. C'est une question de souveraineté et de reconnaissance. Pour la région, ce revirement redistribue les cartes.
La cause palestinienne reste, elle, en arrière-plan de ces tractations. Israël cherche à préserver sa supériorité militaire. Cependant, il le fait alors que sa guerre à Gaza suscite une condamnation croissante.
Le dossier F-35 à la Türkiye n'est donc pas seulement technique. Il devient un révélateur des nouveaux rapports de force au Moyen-Orient.
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