Brésil : Lula brigue un 4e mandat face à Trump
17:06, 02/08/2026, dimanche
AFP

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Lula brigue un 4e mandat face à TrumpLe président brésilien Lula sera investi candidat dimanche à Sao Paulo pour un quatrième mandat, confronté à Flavio Bolsonaro et à l'ingérence américaine dans un contexte de guerre commerciale, selon des sources concordantes.
La convention du Parti des travailleurs
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva sera officiellement investi candidat lors de la convention de son Parti des travailleurs ce dimanche à Sao Paulo, capitale économique du pays. À 80 ans, l'ancien ouvrier et leader syndical brigue un quatrième mandat pour le scrutin d'octobre prochain, après avoir déjà dirigé le pays de 2003 à 2010 puis être revenu au pouvoir en 2023. Cette candidature marque la septième participation de la figure dominante de la gauche brésilienne à une élection présidentielle.
Il affrontera principalement le sénateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, ce dernier étant actuellement détenu pour tentative de coup d'État suite à sa défaite de 2022. La campagne s'annonce particulièrement serrée dans un pays ultra-polarisé où le duel entre les deux blocs idéologiques avait déjà livré un résultat très disputé lors du précédent scrutin.
L'ombre de Trump et la souveraineté
La présence de Donald Trump plane sur cette campagne électorale, le président américain ayant récemment soutenu plusieurs candidats de droite victorieux en Amérique latine et entretenu des liens étroits avec la famille Bolsonaro. Face à cette dynamique régionale, Lula a choisi de centrer sa stratégie sur la défense de la souveraineté nationale, particulièrement depuis que Washington a infligé en juillet deux vagues de droits de douane sur des produits brésiliens.
"Au Brésil, nous n'acceptons pas que quiconque fourre son nez là où il n'est pas invité",
a averti le chef de l'État, accusant son adversaire d'être un "traître à la patrie" qui aurait incité les États-Unis à frapper l'économie brésilienne. Selon Leonardo Paz, professeur de science politique à la Fondation Getulio Vargas, "le discours sur la souveraineté tombe à pic pour Lula, à un moment où il connaissait une baisse de popularité, et parvient à identifier un ennemi à l'extérieur pour le rendre responsable de certains des maux que nous vivons".
Flavio Bolsonaro dément pour sa part ces accusations d'ingérence étrangère, rejetant toute implication dans les décisions tarifaires américaines. Le sénateur entend bien capitaliser sur les difficultés économiques actuelles pour déstabiliser le président sortant.
Tensions diplomatiques et intentions de vote
Le bras-de-fer entre Brasilia et Washington prend également une dimension diplomatique croissante à l'approche du scrutin. La semaine dernière, le gouvernement brésilien a refusé des visas à deux représentants américains qui souhaitaient discuter
d'"intégrité électorale",
craignant une "instrumentalisation politique"
de leur visite.Par ailleurs, les derniers sondages électoraux indiquent un match très serré entre les deux principaux candidats. Selon une enquête récente de l'institut Datafolha, Lula recueillerait 48% des intentions de vote au second tour, contre 43% pour Flavio Bolsonaro. Toutefois, l'héritier de l'extrême droite ne perd pas pied malgré une série de crises, rappelant que son père avait échoué à la présidence en 2022 par un cheveu seulement.
Défis intérieurs : insécurité et corruption
Sur le plan intérieur, le président sortant met en avant une croissance économique solide et des chiffres record de l'emploi, des réalisations qu'il oppose aux promesses de son adversaire. De plus, les familles brésiliennes continuent de dénoncer la hausse du coût de la vie et l'aggravation des déficits publics, des facteurs qui pourraient peser sur le verdict des urnes.
La sécurité représente également un défi majeur pour le chef de l'État, cette question constituant la première préoccupation des électeurs dans un pays où des dizaines de millions d'habitants des quartiers populaires vivent sous la coupe du crime organisé. En outre, la corruption vient ternir la campagne des deux principaux protagonistes : Flavio Bolsonaro fait l'objet d'une enquête pour le financement d'un film dédié à son père, tandis qu'un fils de Lula, surnommé
"Lulinha",
est visé par une investigation pour soupçons de corruption et trafic d'influence.Pour rappel, Lula avait passé 580 jours en prison en 2018-2019 pour corruption dans le cadre d'un scandale retentissant. Sa condamnation avait été ensuite annulée pour des motifs de procédure et car le juge avait été considéré comme partial.
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