Afrique du Sud : plus de 53 000 étrangers expulsés dans le cadre d'une opération contre l'immigration clandestine
12:44, 16/07/2026, jeudi
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Marco LongariAFP
Des migrants malawiens font la queue pour monter dans un bus alors qu’ils se rassemblent devant le consulat du Malawi à Johannesburg, le 14 juillet 2026, avant leur rapatriement vers le Malawi.Cette vaste opération, menée au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière, intervient dans un climat de fortes tensions xénophobes et ravive les inquiétudes sur la protection des migrants en Afrique du Sud.
Une opération d'ampleur nationale
l'Afrique du Sud a expulsé ou rapatrié plus de 53 000 ressortissants étrangers en cinq semaines, dans le cadre d'une vaste opération gouvernementale présentée comme une action de
"gestion des migrations"
. Pretoria affirme vouloir combattre l'immigration irrégulière, alors que le pays est traversé par une inquiétante poussée de tensions xénophobes. Selon les autorités, la majorité des personnes concernées sont originaire du Zimbabwe, du Mozambique et du Malawi. Le bilan devrait encore s'alourdir à mesure que se poursuivent les expulsions et les rapatriement.
Les migrants, cibles d'une colère sociale
Cette campagne figure parmi les plus vastes opérations menées depuis plusieurs années contre les migrants en situation irrégulière. Elle survient après des semaines de mobilisation anti-immigration dans plusieurs régions du pays, marquées par des intimidations, des violences et des pillages.
Les groupes mobilisés réclament un durcissement du contrôle des frontières et des expulsions massives. Ils accusent les étrangers d'alimenter le chômage, la criminalité et la pression sur les services publics. Des arguments régulièrement contestés par les défenseurs des droits humains, qui rappellent que les difficultés structurelles de l'Afrique du Sud ne peuvent être imputées à des populations déjà vulnérables.
L'ONU alerte contre la stigmatisation
Face à cette situation, l'Organisation des Nations unies (ONU) a alerté sur le risque de voir les migrants transformés en boucs émissaires de la crise sociale et économique.
La pression ne semble pas retomber. Plusieurs mouvements anti-migrants menacent d'organiser des manifestations chaque semaine jusqu'à ce que leurs revendications soient satisfaites. Les autorités redoutent que ces rassemblements ne dégénèrent davantage en violences.
Les manifestants avaient par ailleurs fixé une "
date limite non officielle"
au 30 juin pour le départ des migrants en situation irrégulière. Cette échéance a poussé de nombreux étrangers à quitter volontairement le pays afin d'éviter les violences et les intimidations.Des rapatriements en série vers les pays voisins
Face aux menaces, plusieurs États africains, dont le Ghana, le Nigeria, l'Ouganda, le Zimbabwe et le Kenya, ont lancé des opérations de rapatriement aérien pour leurs ressortissants vivant en Afrique du Sud.
Cette opération met en lumière une crise sociale profonde en Afrique du Sud. Dans un pays fragilisé par le chômage, les inégalités et la pression sur les services publics, la question migratoire devient un terrain de crispation, au risque d'éclipser les impératifs de justice sociale, de solidarité régionale et de respect de la dignité humaine.
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