L'alerte est grave. Devant le Conseil de sécurité, l'ONU a décrit mardi une Palestine occupée (Cisjordanie) au "point de rupture". Les responsables onusiens pointent une violence record des colons israéliens.
Le constat va plus loin. En effet, ils dénoncent un démantèlement méthodique de l'État palestinien. Les enfants figurent parmi les premières victimes.
Ce signal d'alarme vise les États membres. C'est pourquoi l'ONU les appelle à agir sans délai. Selon elle, les organisations humanitaires ne peuvent pas, seules, changer la donne.
L'UNICEF alerte sur le sort des enfants palestiniens
Hannan Sulieman occupe le poste de directrice exécutive adjointe de l'UNICEF. Elle a livré un bilan glaçant devant le Conseil de sécurité.
Depuis janvier 2024, l'ONU a confirmé la mort de 174 enfants palestiniens en Palestine occupée (Cisjordanie). "Cela représente plus d'un enfant chaque semaine", a-t-elle souligné.
La détention frappe aussi les mineurs. Au moins 355 enfants palestiniens se trouvent en détention militaire. C'est le chiffre le plus élevé depuis huit ans.
Près de la moitié d'entre eux restent détenus sans inculpation ni procès. Par ailleurs, la détention administrative les prive de tout recours réel.
Quatre demandes à la communauté internationale
Mme Sulieman a formulé quatre exigences urgentes. D'abord, elle réclame la protection des enfants et la fin de la détention administrative.
Ensuite, elle appelle à stopper les déplacements forcés par la pression diplomatique. De plus, elle exige un accès sûr aux écoles et aux hôpitaux.
Enfin, l'UNICEF demande la libre circulation de l'aide humanitaire. Selon la responsable, cette charge revient d'abord aux États. "Les organisations humanitaires ne peuvent pas créer les conditions politiques dont les enfants ont besoin", a-t-elle rappelé.
La violence des colons à un niveau record
Ramiz Alakbarov a confirmé cette alarme. Ce coordonnateur spécial adjoint réclame une action immédiate. Selon lui, il faut empêcher une annexion de fait.
En 2026, les forces et les colons israéliens ont tué des dizaines de Palestiniens. Démolitions, expulsions et attaques de colons ont par ailleurs déplacé environ 3 800 personnes.
"La violence des colons a atteint des niveaux sans précédent", a insisté M. Alakbarov. Il cite plus de 1 400 incidents documentés cette année. Ceux-ci touchent 260 communautés.
Le responsable décrit un schéma clair. D'abord, les colons chassent les habitants de leurs villages. Ensuite, ils s'emparent des terres laissées vacantes.
Un fait nouveau inquiète particulièrement l'ONU. Pour la première fois, des terres ont été saisies en "zone A" afin d'y bâtir des infrastructures destinées aux colons.
Une Autorité palestinienne au bord de l'asphyxie
La crise ne se limite pas au terrain. Elle frappe aussi les finances palestiniennes. L'Autorité palestinienne manque de 6 milliards de dollars de recettes fiscales.
Les autorités israéliennes retiennent en effet ces recettes, dites "de dédouanement". Par conséquent, l'administration palestinienne s'enfonce dans la crise.
Malgré tout, un espoir subsiste. M. Alakbarov a salué la préparation d'élections législatives. Le scrutin doit se tenir le 28 novembre.
Pour l'ONU, ces pressions forment un tout. "Ce sont des étapes interconnectées, pas des événements isolés", a-t-il averti. Toutes visent, selon lui, à affaiblir la gouvernance palestinienne.
Résolution 2803 et solution à deux États en péril
L'ONU relie ce dossier au processus de paix. Si la situation continue de se dégrader, la résolution 2803 (2025) en pâtira.
Ce texte, adopté en novembre 2025, entérine le plan du président américain Donald Trump pour Gaza. Il prévoit aussi une force internationale temporaire dans l'enclave, après deux ans de guerre. La Türkiye a compté parmi les médiateurs du cessez-le-feu.
M. Alakbarov réclame une application "intégrale" de la résolution. Il cite également la Déclaration de New York. Sans cela, la perspective de deux États s'éloigne encore.
Un bilan qui s'alourdit depuis octobre 2023
Les attaques se sont intensifiées depuis le début du génocide à Gaza, le 8 octobre 2023. Depuis, les forces et les colons israéliens multiplient les opérations en Palestine occupée (Cisjordanie).
Selon des chiffres palestiniens, plus de 1 183 Palestiniens y ont perdu la vie. Les blessés dépassent 13 000. Les arrestations approchent 25 000.
Les Palestiniens y voient une stratégie assumée. En effet, ils dénoncent une volonté d'imposer un fait accompli sur le terrain. Cette logique prépare, selon eux, l'annexion du territoire.
Elle compromet aussi la création d'un État palestinien. Ce dernier devrait suivre les frontières de 1967, conformément aux résolutions de l'ONU.
Ce qu'il faut retenir
L'ONU envoie un message sans détour. La Palestine occupée (Cisjordanie) glisse vers une crise majeure. Enfants, familles et institutions en subissent déjà les effets.
La communauté internationale détient une part de la réponse. C'est pourquoi l'ONU la place face à ses responsabilités. La suite dépendra des actes, pas des seules déclarations.