Sénégal : budget révisé de la comission des Finances rejeté
18:22, 31/10/2026, samedi
AFP

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Assemblée nationale sénégalaise.Le projet de loi de finances rectificative pour 2026 a été rejeté vendredi soir par la commission des Finances de l'Assemblée nationale sénégalaise, dominée par le parti d'opposition Pastef, selon une source parlementaire. Ce texte vise le redressement des comptes publics d'un pays endetté.
Selon une source parlementaire, le texte n'a pas recueilli l'approbation de la commission des Finances lors de son examen vendredi soir. Cette instance, contrôlée par la coalition Pastef du président de l'Assemblée Ousmane Sonko, avait déjà rejeté le même projet le 24 octobre dernier. "La commission des Finances (de l'Assemblée nationale) a rejeté, à la majorité, le projet de loi de finances rectificative pour l'année 2026. Les réponses apportées le (vendredi) 30 octobre (par le gouvernement) demeurent insuffisantes et insatisfaisantes", a indiqué le groupe parlementaire de Pastef dans un communiqué.
Des désaccords budgétaires profonds
Le groupe Pastef a précisé que les divergences portaient notamment sur "le déficit (budgétaire) et la dette", la protection du pouvoir d'achat, ainsi que les choix en matière d'investissement public. Par ailleurs, l'opposition dénonce "le refus" du gouvernement de "transmettre des documents essentiels" pour instruire le dossier. Ce budget rectificatif constitue pourtant une étape cruciale dans le redressement des finances d'un pays confronté à une dette publique estimée à 132% du PIB à la fin de l'année 2024. De plus, ce texte conditionne la mise en œuvre des réformes exigées par le FMI dans le cadre du programme d'aide de 2,2 milliards de dollars conclu en septembre.
Contexte international et tensions institutionnelles
Le Fonds monétaire international n'a toutefois pas encore annoncé l'approbation définitive de cet accord par son conseil d'administration, le plan de sauvetage étant soumis à certaines conditions préalables. Toutefois, les relations entre le pouvoir exécutif et la majorité parlementaire restent très tendues. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô avait affirmé le 26 octobre à l'AFP que l'opposition ne pouvait pas "bloquer" le pays sur cette question budgétaire. Il a indiqué que l'exécutif disposait de voies de "dialogue" mais également "constitutionnelles" pour résoudre les désaccords.
Prochaines étapes législatives
L'Assemblée nationale doit se réunir mardi en séance plénière pour examiner à nouveau ce projet de budget. Selon la même source parlementaire, un nouveau rejet n'est pas à exclure au terme du débat. Cette crise institutionnelle s'inscrit dans une querelle de longue date entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, anciens alliés devenus adversaires, tandis que la coalition Pastef détient 130 des 165 sièges du parlement.