Les six mis en cause devant la Cour des comptes
Deux anciens directeurs généraux de la police nationale, un ancien général de la gendarmerie et trois commissaires de police, dont l'un est à la retraite, comparaissent depuis mardi devant la chambre du contentieux de la Cour des comptes.
Ces six hauts fonctionnaires sont appelés à répondre de leur gestion dans le cadre de l'abandon du projet Scribe, un logiciel destiné à la rédaction des procédures pénales qui n'a jamais vu le jour malgré des investissements considérables.
Un échec financier de 257 millions d'euros
Le coût de cet échec s'élève à 257 millions d'euros pour les deniers publics. Le projet, lancé pour moderniser les outils informatiques des enquêteurs, a été définitivement abandonné en 2021 sans avoir atteint ses objectifs opérationnels, privant ainsi les services de police d'une infrastructure numérique attendue depuis plusieurs années.
Les syndicats dénoncent un "fiasco"
Le Syndicat des Commissaires et Officiers de police (SCSI) a vigoureusement dénoncé sur le réseau social X ce qu'il considère comme un gaspillage d'argent public.
"257 M€ pour un logiciel qui n'a jamais fonctionné"
, a-t-il écrit, ajoutant que "les enquêteurs travaillent avec des outils du passé pendant que les criminels carburent à l'IA"
.Par ailleurs, le syndicat a affirmé qu'il "dénonce(r) ce fiasco depuis le début"
et a jugé "inadmissible qu'en 2026, la police judiciaire soit laissée à l'abandon"
. De plus, le SCSI a exhorté les responsables politiques à "donne(r) (des)moyens aux FDO (forces de l'ordre) pour lutter efficacement contre les fléaux qui gangrènent notre société".
La défense des commissaires et le cadre juridique
Le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) avait anticipé cette procédure en saisissant le ministre de l'Intérieur dès le 24 février 2026, réclamant de connaître "les moyens qu'il entend fournir aux trois commissaires renvoyés devant la chambre du contentieux de la Cour des comptes".
L'organisation syndicale attendait également que le ministre se prononce "sur la position qu'il entend prendre sur le bien-fondé de leur mise en cause".
Selon la même source, les six agents encourent une sanction financière pouvant atteindre "jusqu'à six mois de salaire" dans le cadre de la "responsabilité financière des gestionnaires publics"
, un régime institué par "l'ordonnance du 23 mars 2022". Le projet Scribe, décrit comme le "futur logiciel de rédaction des procédures"
, avait été "abandonné en 2021"
sans livrer les fonctionnalités promises aux services d'enquête. A lire également:

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