OTAN : L'Espagne campe sur son refus de l'objectif de 5 % du PIB pour la défense

À la veille du sommet de l'OTAN à Ankara, le gouvernement espagnol entend réaffirmer son refus de s'engager sur un objectif de dépenses militaires à 5 % du PIB, malgré les pressions américaines, ont indiqué des sources gouvernementales.
Refus de l'objectif des 5 %
Le Premier ministre Pedro Sanchez entend réaffirmer cette position ferme devant les alliés, alors que le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, et le président américain Donald Trump poussent les États membres à relever considérablement leur effort militaire.
Risques pour l'État-providence
Une telle trajectoire budgétaire risquerait de fragiliser l'État-providence et de peser lourdement sur des finances publiques que l'exécutif veut maintenir sous contrôle strict.
Pour le cabinet du Premier ministre, le renforcement de la sécurité collective doit impérativement aller de pair avec la préservation des équilibres économiques et des priorités sociales nationales.
Renforcement des capacités militaires
Par ailleurs, les autorités espagnoles rappellent que le pays a déjà fortement accru ses dépenses militaires ces dernières années.
De plus, Madrid met en avant son engagement opérationnel au sein de l'Alliance, soulignant qu'elle occupe le septième rang parmi les 32 États membres en matière de capacités militaires.
Contributions concrètes à l'Alliance
En outre, le soutien à l'Ukraine est mis en avant comme un élément clef de la politique de défense espagnole : depuis le début de l'invasion russe à grande échelle, Madrid affirme avoir engagé 3,7 milliards d'euros d'aide militaire et avoir formé plus de 9 000 soldats ukrainiens.
Vers une défense européenne renforcée
Madrid dit par ailleurs partager le constat d'une menace russe durable pour la sécurité européenne. L'Espagne plaide également pour une défense européenne plus solide et moins dépendante des États-Unis, avec davantage d'investissements communs, une coopération militaire renforcée et, à long terme, la perspective d'une armée européenne intégrée.
Les dirigeants devront notamment se pencher sur la mise en œuvre des engagements budgétaires adoptés en 2025, la poursuite du soutien militaire à l'Ukraine et l'augmentation des capacités de production de l'industrie de défense.
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