Kenya: la police interdit une marche contre les brutalités

Les autorités kényanes ont interdit une manifestation pacifique prévue mardi à Nairobi pour dénoncer les violences policières, à l'occasion des commémorations de la Journée Saba Saba, et ont déployé un dispositif de sécurité renforcé dans la capitale.
Interdiction de manifester et dispositif sécuritaire
Selon un communiqué officiel, la police kényane a annoncé mardi l'interdiction de tout rassemblement dans le centre de Nairobi, perturbant la circulation par la mise en place de barrages de contrôle à travers la ville.
Le Mouvement pour la justice économique avait pourtant notifié les autorités de son intention d'organiser une marche pacifique, diffusant des appels aux rassemblements sur les réseaux sociaux pour attirer l'attention sur les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées.
La Journée Saba Saba sous haute tension
Cette interdiction survient à l'occasion de la Journée de Saba Saba (7/7 en swahili), date anniversaire des manifestations du 7 juillet 1990 qui réclamaient l'instauration du multipartisme sous le régime autocratique de Daniel arap Moi.
Par ailleurs, cet hommage s'est conjugué depuis 2024 à la vague de contestation menée par la "Génération Z" contre les taxes, la corruption et les brutalités policières sous la présidence de William Ruto.
Selon l'Autorité indépendante de surveillance de la police (IPOA), au moins 38 personnes sont mortes et des centaines ont été arrêtées lors des manifestations du 7 juillet 2025.
Un climat de peur persistant
Le centre-ville de Nairobi, souvent à l'arrêt lors des mouvements de protestation, est demeuré plus calme que d'habitude mardi matin, bien que nombre de commerces soient restés ouverts et que les transports continuent de circuler.
De nombreux policiers et journalistes étaient présents au lieu de rassemblement prévu, dans un petit parc du centre-ville, mais aucun manifestant ne s'y était rendu, tandis que le Parlement était entouré de barbelés.
Les revendications des organisateurs
Selon la même source, les organisateurs entendaient dénoncer également la corruption et la pauvreté qui touchent le pays.
Un épuisement généralisé après la répression
Pour rappel, les manifestations de la "Génération Z" avaient débuté en juin 2024 pour protester contre un projet de loi budgétaire controversé avant de s'élargir à des revendications plus larges de justice sociale, faisant au moins 127 morts selon l'IPOA.
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