Qui porte le tambour, qui tient le maillet ?
09:33, 23/06/2026, mardi • Rédaction de Nouvelle Aube - Yeni Şafak Français français

Tout le monde connaît l’expression
"Le tambour est au cou de l’un, le maillet dans la main d’un autre"
. Elle signifie que celui qui endure la peine et celui qui en tire profit ne sont pas les mêmes. Il ne serait pas faux d’expliquer la relation entre les États-Unis et Israël en disant que les États-Unis sont le "tambour"
et Israël le "maillet"
. En utilisant la puissance militaire, politique et diplomatique des États-Unis, Israël commet toutes les infamies, y compris le "génocide".
Récemment, le vice-président américain JD Vance a déclaré que les contribuables américains payaient les deux tiers des armes d’Israël. Les Américains ne retirent rien de cette relation déformée.
Des milliards de dollars qui pourraient faciliter la vie des Américains financent les massacres d’Israël.
Le péché du génocide à Gaza pèse aussi sur les épaules des États-Unis. La presse américaine a rapporté que, lors d’un entretien téléphonique, le président américain Trump aurait dit à Netanyahu :
"En ce moment, tout le monde te déteste, tout le monde déteste Israël à cause de cela"
. Mais Trump ne dit pas que le monde déteste aussi les États-Unis parce qu’ils financent, protègent et soutiennent le génocide d’Israël.Le coût américain du soutien à Israël
Aux États-Unis, une écrasante majorité semble lasse de voir les États-Unis porter le tambour pendant qu’Israël tient le maillet. Comme on peut le comprendre à travers les commentaires dans les médias américains et israéliens, Trump aussi paraît fatigué de cette affaire de tambour et de maillet.
La poursuite de la guerre et la fermeture du détroit d’Ormuz transforment le quotidien des Américains ordinaires en épreuve.
Les États-Unis ne se contentent pas de financer les guerres d’Israël, ils font aussi la guerre pour Israël. Ce n’est pas un secret que l’invasion de l’Irak en 2003 a également été menée pour Israël. Les néoconservateurs de Bush avaient dissimulé la véritable raison de cette guerre derrière de faux prétextes.
En présentant les intérêts d’Israël comme s’ils étaient ceux des États-Unis, les néoconservateurs avaient trompé les Américains et le monde.
Quoi qu’Israël fasse, le coût économique, politique et réputationnel du soutien inconditionnel qui lui est accordé devient chaque jour plus lourd pour les Américains. Les Américains veulent désormais que le maillet soit retiré des mains d’Israël. Les conséquences politiques du soutien à Israël s’imposent comme une réalité impossible à nier.
Netanyahu, l’Iran et le rapport de force avec Washington
Pour sortir de l’impasse iranienne, Trump doit brider Israël. Les réprimandes ne sont pas dissuasives, et les paroles ne sont pas soumises aux droits de douane. Trump, qui est le
"champion des droits de douane",
le sait bien. La parole doit se transformer en action. Trump comme JD Vance disent que les États-Unis sont le "grand partenaire"
et Israël le "petit partenaire"
, et que les choses fonctionnent en conséquence. Mais Israël montre des lignes rouges aux États-Unis. Les lignes rouges d’Israël sont de nature à entraver l’accord de Trump avec l’Iran.L’administration Trump, elle, ne dit pas ce qu’elle fera face aux tentatives d’Israël de saboter l’accord avec l’Iran.
Tant que Trump ne dira pas clairement ce qu’il compte faire, Netanyahu, dont le destin personnel dépend de sa survie politique, ne renoncera pas à faire monter la tension.
Le tambour sera de nouveau au cou des États-Unis, et Israël continuera de frapper avec le maillet.De nombreux analystes américains préfèrent expliquer la relation entre les États-Unis et Israël non pas par la formule du
"grand partenaire"
et du "petit partenaire"
, mais par la métaphore suivante : "Est-ce le chien qui remue la queue, ou la queue qui remue le chien ?"
Cette expression, qui montre que les rôles habituels ont été inversés, indique que le pouvoir de contrôle se trouve entre les mains du petit partenaire. Elle est également utilisée pour décrire les situations dans lesquelles un État dépendant plus petit, ou un allié régional, manipule une superpuissance mondiale afin de la pousser à agir militairement ou politiquement. L’invasion de l’Irak, tout comme l’entrée en guerre de Trump contre l’Iran sous la pression de Netanyahu, relevaient de cette queue qui remue le chien.En 1996, une rencontre avait eu lieu à Washington entre le président américain Bill Clinton et Netanyahu. Le sujet était la question palestinienne. Agacé par le ton autoritaire et condescendant de Netanyahu, Clinton aurait dit à ses conseillers après la réunion :
"Pour qui se prend ce type ? C’est qui, la superpuissance ici, bon sang ?"
Netanyahu, lui, avait expliqué dans une vidéo enregistrée en 2001 comment il avait fait dérailler les
"accords d’Oslo"
, conclus sous la prétendue médiation des États-Unis. À la question "Ne craignez-vous pas la réaction des États-Unis ?"
, Netanyahu avait répondu : L’Amérique est une chose que l’on peut faire bouger très facilement, que l’on peut orienter dans la bonne direction. Personne ne peut se mettre en travers de votre chemin.
Dans cette vidéo, Netanyahu qualifiait Clinton de
"trop pro-palestinien"
et affirmait que 80 % du peuple américain se tenait aux côtés d’Israël. Or, selon le "sondage CBS News"
publié dimanche, 78 % des Américains veulent que la guerre avec l’Iran prenne fin
immédiatement. De ce point de vue, Trump est plus chanceux que Clinton. Mais pourra-t-il montrer à Netanyahu qui est le patron ?
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