COP16: l'ONU alerte sur l'aridité croissante des terres mondiales
11:56, 10/12/2024, mardi
AFP

Fayez NureldineAFP
Les délégués arrivent pour la séance d'ouverture de la 16e Conférence des Parties (COP16) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), à Riyad, la capitale saoudienne, le 2 décembre 2024.Plus de 75 % des terres mondiales se sont asséchées au cours des trois dernières décennies, a alerté l'ONU lundi dans un rapport publié lors de la COP16 sur la désertification, révélant une crise qui pourrait affecter jusqu'à cinq milliards de personnes d'ici 2100.
Entre 1990 et 2020, 4,3 millions de kilomètres carrés de terres humides se sont transformées en terres arides, soit une superficie plus grande que l'Inde.
Ce phénomène, causé par une transformation climatique majeure, pourrait redéfinir la vie sur Terre, selon une étude menée par un groupe de scientifiques mandatés par l'ONU, intitulée en anglais "The Global Threat of Drying Lands".
L'aridité, un déficit chronique en eau qui rend l'agriculture difficile, touche désormais
"40,6 % des terres émergées"
, Antarctique exclu, contre "37,5 % il y a 30 ans".
Les zones les plus affectées incluent le pourtour méditerranéen, le sud de l'Afrique, l'Australie méridionale ainsi que certaines régions d'Asie et d'Amérique latine, précisent les scientifiques. "Contrairement aux sécheresses, qui sont temporaires, l'aridité représente une transformation permanente"
, a mis en garde Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD). "Cette crise redéfinit les écosystèmes, les économies et les moyens de subsistance",
a-t-il ajouté. Le rapport attribue cette tendance au réchauffement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre, qui modifient les précipitations et augmentent l'évaporation.
"Pour la première fois, un organisme scientifique de l'ONU avertit que la combustion des combustibles fossiles provoque un assèchement permanent dans une grande partie du monde, avec des impacts potentiellement catastrophiques sur l'accès à l'eau, rapprochant encore davantage les populations et la nature de points de bascule désastreux"
, a déclaré Barron Orr, scientifique en chef de la CNULCD. Les conséquences de l'aridité sont multiples: dégradation des sols, effondrement des écosystèmes, insécurité alimentaire et migrations forcées.
"Plus de 2,3 milliards de personnes"
vivent déjà dans des zones arides, un chiffre qui pourrait dépasser cinq milliards d'ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites, précise le rapport. En Afrique, l'aridité a entraîné une diminution de
"12 % du Produit intérieur brut (PIB) entre 1990 et 2015"
, tandis que les rendements agricoles mondiaux en maïs, blé et riz pourraient chuter de plusieurs dizaines de millions de tonnes d'ici 2040. Pour contrer cette tendance, les scientifiques recommandent d'
"intégrer l'aridité dans les systèmes de surveillance des sécheresses",
d'améliorer la gestion des sols et de l'eau, et de soutenir les "communautés les plus vulnérables".
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