Lundi, un juge fédéral de Washington, James Boasberg, a convoqué une audience pour vérifier si l’administration Trump a respecté son ordre de suspension d’une opération visant plus de 200 migrants expulsés vers le Salvador. Cette mesure repose sur une loi qui permet en temps de guerre d’expulser des "ennemis étrangers"
, une première en temps de paix. Le juge avait ordonné samedi un arrêt immédiat des expulsions et le retour des avions transportant les migrants. Mais l’administration Trump argue que les avions avaient déjà décollé au moment du jugement et qu’elle n’a donc pas enfreint la décision.
Face aux questions du juge sur l’horaire des vols et le nombre de personnes expulsées, le représentant du gouvernement a invoqué des "préoccupations de sécurité nationale"
et affirmé que la compétence du tribunal ne s’appliquait pas hors de l’espace aérien américain. Le ministère de la Justice a en parallèle demandé le dessaisissement du juge Boasberg, craignant qu’il force le gouvernement à divulguer des informations classifiées sous peine de sanctions.
Trump remet en cause les grâces de Biden
Dans un autre défi à l’ordre juridique, Donald Trump a annoncé son intention de poursuivre ses adversaires politiques, remettant en cause les grâces accordées par Joe Biden.
Sur Truth Social, il a affirmé que certaines grâces étaient nulles et non avenues, arguant qu’elles avaient été signées via un automate, et non directement par l’ancien président. Il suggère ainsi que Biden n’était pas au courant des documents qu’il signait, une accusation récurrente de Trump visant à décrédibiliser son successeur.
Parmi les bénéficiaires de ces grâces figurent Anthony Fauci, ancien conseiller sur le Covid-19, ainsi que des membres de la commission d’enquête sur l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021.
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a enfoncé le clou en affirmant que Biden était "diminué mentalement"
, s’interrogeant sur la validité légale des signatures de l’ex-président démocrate. Une interprétation radicale des lois sur l’immigration
Au-delà des implications judiciaires, ces actions illustrent la volonté de Donald Trump d’étendre le pouvoir présidentiel au maximum.
L’invocation d’une loi d’exception pour justifier l’expulsion de migrants est particulièrement controversée. Cette législation n’a été utilisée que trois fois dans l’histoire : pendant la guerre anglo-américaine de 1812, puis durant les deux guerres mondiales.
Dimanche, Trump a justifié son action en déclarant: "Nous sommes en guerre"
, affirmant que le pays subit une "invasion"
de criminels étrangers. Le professeur de droit Steve Vladeck estime dans une analyse juridique que cette situation constitue "un précédent extraordinairement dangereux".
Toutefois, il rappelle que des garde-fous existent et que les tribunaux devraient empêcher toute dérive. Depuis son retour au pouvoir le 20 janvier, nombre des décisions de Donald Trump ont été attaquées en justice et plusieurs ont déjà été bloquées par les tribunaux.
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