17:53, 05/08/2026, mercredi
Qalandiya: plus de 330 jeunes Palestiniens risquent de perdre leur formation
Plus de 330 jeunes Palestiniens risquent de perdre l'accès à leur formation professionnelle en Palestine occupée (Cisjordanie). L'Unrwa alerte sur la multiplication des violations israéliennes visant son institut de Qalandiya, notamment une intrusion illégale le 27 juillet. Roland Friedrich affirme qu'aucune alternative n'existe. Le directeur du centre, Bahaa Awad, rappelle la qualité unique de la formation dispensée. La crise financière de l'agence rend toute solution de remplacement impossible.
L'Unrwa tire la sonnette d'alarme. Plus de 330 jeunes Palestiniens pourraient perdre l'accès à leur formation professionnelle. En cause : les pressions israéliennes croissantes contre l'institut de formation de Qalandiya, en Palestine occupée (Cisjordanie). L'agence onusienne affirme qu'aucune solution de remplacement n'existe.
Un institut de formation de Qalandiya sans équivalent
Roland Friedrich dirige les opérations de l'Unrwa en Palestine occupée (Cisjordanie). Son constat est sans détour.
"Il n'existe aucune alternative à cet institut"
, a-t-il déclaré.L'agence onusienne fait donc face à un
"risque réel"
. Celui de voir des centaines de jeunes privés d'éducation du jour au lendemain. En effet, aucun autre établissement ne propose une offre comparable à Jérusalem-Est occupée.Roland Friedrich, directeur de l'Unrwa en Palestine occupée (Cisjordanie):
"Nous n'avons aucune alternative à cet institut en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée, et nous sommes maintenant confrontés au risque réel que plus de 330 jeunes en Cisjordanie perdent l'accès à l'éducation."
Ces jeunes suivent des cursus techniques et professionnels. Leur formation conditionne leur entrée sur un marché du travail déjà étranglé par l'occupation. C'est pourquoi la fermeture du centre aurait des effets immédiats.
Des violations israéliennes en forte hausse
Le responsable onusien décrit une dégradation continue depuis dix-huit mois. Les violations commises par les autorités israéliennes contre l'établissement se multiplient. De plus, elles se sont intensifiées depuis le début de l'année.
L'Unrwa documente ces incidents et les signale régulièrement. Cependant, aucune amélioration n'a été constatée sur le terrain. Au contraire, la pression s'accentue mois après mois.
L'intrusion du 27 juillet
Le 27 juillet, des forces de sécurité israéliennes sont entrées dans l'institut. Des représentants de la municipalité de Jérusalem les accompagnaient. L'Unrwa qualifie cette intrusion de
"sans autorisation et illégale"
."Depuis près d'un an et demi, et surtout depuis le début de cette année, nous avons constaté une augmentation des violations commises par les autorités israéliennes à l'encontre de cet institut."
Cet épisode illustre une méthode bien rodée. Les locaux onusiens perdent progressivement leur caractère protégé. Ainsi, le personnel travaille désormais sous la menace permanente d'une descente.
Une qualité de formation reconnue et menacée
Bahaa Awad dirige l'institut de formation de Qalandiya. Il rappelle l'ampleur des moyens engagés depuis des décennies. L'Unrwa a investi dans les infrastructures comme dans la qualification des enseignants.
Bahaa Awad, directeur de l'institut de formation de Qalandiya:
"Comme vous pouvez le constater, l'Unrwa a investi des ressources financières considérables dans la formation de son personnel et le développement des infrastructures. Cela n'existe dans aucune autre institution."
Le résultat se mesure au taux d'insertion des diplômés. En effet, les enseignants restent connectés aux besoins réels des employeurs. De plus, des comités consultatifs révisent les programmes deux fois par an.
Des programmes actualisés deux fois par an
Cette mise à jour régulière reste rare dans la région. Elle permet d'ajuster les cursus aux métiers qui recrutent. Par conséquent, la formation garde une valeur concrète pour les jeunes Palestiniens.
Détruire un tel outil prendrait quelques semaines. Le reconstruire demanderait des années. C'est pourquoi les responsables parlent d'une perte irréversible.
La crise financière de l'Unrwa aggrave la menace
Le centre est aujourd'hui menacé de fermeture. Or l'Unrwa traverse une crise budgétaire majeure et bien documentée. L'agence ne peut donc pas ouvrir un établissement de remplacement.
Plusieurs bailleurs ont suspendu ou réduit leurs contributions ces dernières années. En revanche, les besoins des réfugiés palestiniens n'ont cessé d'augmenter. Cette double pression fragilise l'ensemble des services de l'agence.
Bahaa Awad le résume simplement. Il n'existe
"pas d'alternative simple que l'Unrwa puisse proposer"
. La contrainte financière verrouille toute solution de secours.Une attaque de plus contre le droit à l'éducation
L'éducation constitue un droit protégé par le droit international. Les installations des Nations unies bénéficient par ailleurs d'un statut particulier. Les intrusions répétées à Qalandiya heurtent frontalement ces principes.
Depuis octobre 2023, l'Unrwa subit une campagne soutenue de délégitimation. Des lois israéliennes ont visé directement ses activités. Cependant, l'agence demeure le principal fournisseur de services pour des millions de réfugiés palestiniens.
À Qalandiya, la mécanique est identique. On affaiblit d'abord l'institution. Ensuite, on invoque son incapacité à fonctionner. Enfin, la fermeture apparaît comme une simple conséquence administrative.
Ce que perdraient ces 330 jeunes
Derrière les chiffres se trouvent des trajectoires individuelles. Ces jeunes préparent un métier, un revenu, une autonomie. Leur formation représente aussi une forme de résistance quotidienne à l'effacement.
Sans l'institut, la plupart n'auront aucune autre option accessible. Les checkpoints limitent déjà fortement leurs déplacements. Ainsi, un centre situé ailleurs resterait hors de portée pour beaucoup.
L'Unrwa appelle les autorités israéliennes à respecter l'inviolabilité de ses locaux. L'agence demande également aux donateurs de sécuriser son financement. Sans ces deux garanties, la fermeture deviendra inévitable.
Le sort de l'institut de formation de Qalandiya dépasse donc le cas d'un bâtiment. Il révèle une stratégie d'étouffement méthodique. Et il place la communauté internationale devant sa propre inaction.
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