Par voie d’un communiqué, la Présidence française a précisé que "cette première visite officielle du chef du gouvernement libanais sera l’occasion de réaffirmer la profondeur de l’amitié franco-libanaise, ainsi que le soutien constant de la France au Liban"
. Les échanges doivent porter sur les priorités politiques, économiques et sécuritaires du Liban. Le communiqué indique que les deux dirigeants aborderont "la sécurité, la stabilité du pays et la poursuite des réformes économiques indispensables à la pleine restauration de sa souveraineté et de sa prospérité".
Sur le plan régional, Paris et Beyrouth doivent évoquer "la nécessité d’un respect plein et entier du cessez-le-feu, en particulier en ce qui concerne le retrait complet des forces israéliennes "
. Le renforcement des forces armées libanaises et la coopération avec la FINUL – à laquelle "la France continue de contribuer activement"
– figureront également à l’ordre du jour. Les discussions devraient aussi porter sur "les grands défis auxquels fait face le Proche et le Moyen-Orient, en particulier les conséquences de la guerre en Iran et à Gaza, ainsi que les récents affrontements en Syrie"
. Macron et Salam insisteront sur "l’impératif de cessation des hostilités complète dans la région pour protéger les civils et l’urgence absolue d’un acheminement massif et sans entrave de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza".
Cette visite se déroule dans un climat particulièrement instable. Le Liban accuse Israël de violations répétées de l’accord de cessez-le-feu signé fin novembre 2024, notamment par des frappes aériennes dans le sud du pays, des survols militaires incessants et des incursions ponctuelles. Amnesty International évoque des attaques visant des civils, en violation du droit international humanitaire.
Le Liban continue par ailleurs de subir les effets d’un effondrement économique historique. Depuis 2019, son économie a perdu 40 % de sa valeur, selon la Banque mondiale. L’effondrement de la livre libanaise, l’hyperinflation, la paralysie du système bancaire et la chute des services publics ont plongé la majorité de la population dans la précarité.
La guerre menée par Israël en territoire libanais 2024 a encore aggravé la situation, détruisant des infrastructures et asséchant les revenus du tourisme et de l’agriculture.
La crise politique reste tout aussi préoccupante. Après deux ans de blocage institutionnel, l’élection de Joseph Aoun à la présidence et la nomination de Nawaf Salam à la tête du gouvernement ont permis de débloquer la situation. Mais la formation d’un gouvernement stable demeure incertaine, freinant la mise en œuvre des réformes attendues par les bailleurs internationaux.
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