Nigeria : des pertes militaires lors de la libération d'écoliers
14:01, 11/07/2026, samedi
AFP

AUDU MARTE / AFP
D'anciens membres de Boko Haram tiennent le Coran lors d'une cérémonie de réinsertion organisée au camp de Hajj, à Maiduguri, le 12 juin 2026.L'armée nigériane a indiqué samedi que des pertes avaient été enregistrées au sein des forces de sécurité lors de l'opération de sauvetage ayant permis de libérer plus de 40 écoliers enlevés il y a près de deux mois dans le sud-ouest du pays.
L'opération de libération et son bilan humain
L'intervention des forces spéciales nigérianes visant à délivrer les écoliers captifs a été marquée par des pertes dans les rangs des secouristes, a indiqué samedi le haut commandement militaire à Abuja
. Selon la même source, l'assaut qui a permis de retrouver la liberté à plus de 40 élèves et membres du personnel, retenus depuis près de deux mois dans l'État d'Oyo suite à un enlèvement de masse, avait été "soigneusement planifiée"
. "Cependant, les forces de sécurité ont subi quelques pertes"
, a admis l'état-major dans son communiqué, sans pour autant préciser le bilan exact ni la nature de ces décès ou blessures parmi les soldats engagés sur le terrain.Un rapt attribué à Boko Haram dans une région épargnée
Le 15 mai dernier, des hommes armés avaient fait irruption dans trois établissements scolaires situés dans les communautés agricoles d'Esiele et de Yawota, en périphérie du vaste parc national d'Old Oyo, avant d'emporter 46 personnes dont des élèves et également des employés. L'armée nigériane a accusé des éléments de Boko Haram d'être à l'origine de cette attaque spectaculaire, qui avait rapidement provoqué des manifestations de colère, une grève d'un mois chez les enseignants de l'État et des condamnations retentissantes de la communauté internationale. Ce raid marquait une escalade inquiétante pour la sécurité nationale, le sud-ouest du pays étant traditionnellement considéré comme une zone relativement sûre et stable, à l'abri des violences jihadistes qui ravagent habituellement les régions septentrionales du Nigeria.
Libération sans rançon et autres otages toujours détenus
Les autorités locales ont formellement assuré que la libération des victimes s'était effectuée sans aucune concession financière ni négociation politique, soulignant avec insistance qu'il n'y avait eu
"aucune contrepartie"
à cette mission de sauvetage menée par les forces de sécurité. Par ailleurs, les circonstances exactes de cette délivrance demeurent largement floues, l'état-major se refusant à dévoiler les détails tactiques de l'assaut ou l'identité des unités mobilisées pour cette opération délicate. De plus, cette libération partielle n'a pas permis de résoudre l'ensemble de la crise humanitaire, alors que plus de 40 autres écoliers, dont certains âgés de seulement deux ans, enlevés le même jour dans des établissements de l'État de Borno dans le nord-est, demeurent aux mains de leurs ravisseurs sans qu'une date de libération ne soit annoncée.Le spectre historique des enlèvements de masse
Les kidnappings systématiques d'enfants constituent une méthode de terreur éprouvée par Boko Haram depuis plus d'une décennie, rappelle-t-on dans un contexte où le groupe avait déjà frappé l'école de Chibok en avril 2014 en capturant 276 lycéennes, un drame qui avait ému la planète entière. Cette stratégie criminelle s'est également intensifiée ces derniers mois avec des rapts massifs perpétrés dans les États de Kebbi et du Niger, visant notamment une vingtaine de filles et environ 300 élèves ainsi que plusieurs enseignants, attirant à nouveau l'attention internationale sur l'insécurité chronique du pays. Toutefois, l'extension récente de ces violences vers le sud-ouest, longtemps épargné par la guerre contre les jihadistes, laisse craindre une géographie du conflit en pleine mutation et une menace désormais généralisée sur l'ensemble du territoire nigérian, jusque-là préservé dans cette partie du pays.
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