15:05, 25/09/2026, vendredi
Macron évoque un risque d'attaque par drone en France
Emmanuel Macron a jugé, jeudi 24 septembre 2026, qu'une attaque par drone explosif contre la France reste possible, sur le modèle de l'incident de Leipzig attribué à la Russie par Berlin. Le président a démenti toute alerte de la CIA visant le sud du pays et évoqué une mobilisation russe de 300 000 hommes comme "scénario crédible". Cette déclaration s'inscrit dans une série d'incidents de drones qui se multiplient à travers l'Europe.
Emmanuel Macron a haussé le ton, jeudi 24 septembre 2026. Le président français juge crédible une tentative d'attaque par
drone chargé d'explosifs
sur le territoire national. Il cite en exemple l'incident de l'aéroport de Leipzig, début août, que l'Allemagne attribue à la Russie.Interviewé sur France 2 et sur TF1, le chef de l'État a aussi évoqué une possible mobilisation massive de troupes russes. Ainsi, l'entretien a balayé plusieurs sujets sensibles, entre menace extérieure et tensions intérieures.
Ce que Macron a déclaré sur une possible attaque par drone
La question posée était directe: la France peut-elle être visée par une attaque comme celle de Leipzig ? La réponse du président l'a été tout autant.
"Mais quand vous me posez la question 'est-ce que ça peut arriver ?' ma réponse est oui"
, a-t-il déclaré. Il a précisé que la France n'avait, pour l'heure, subi aucune attaque de ce type.Emmanuel Macron a ensuite justifié cette vigilance par la lecture stratégique de Moscou. Selon lui, la Russie considère que
"l'Europe, c'est la profondeur stratégique de l'Ukraine".
Autrement dit, le continent tout entier deviendrait un terrain d'action pour Moscou.L'incident de Leipzig, point de départ de l'alerte
Tout part d'un épisode survenu début août à l'aéroport de Leipzig, en Allemagne. Un drone transportant des explosifs avait été retrouvé dans la zone de fret sécurisée. Plusieurs avions-cargos ukrainiens stationnaient à proximité.
Un second engin aurait ensuite percuté un appareil de DHL, quelques minutes plus tard. Cette plateforme aéroportuaire joue un rôle stratégique pour l'armée allemande et pour l'OTAN.
Berlin pointe la responsabilité de la Russie
Le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a désigné la Russie comme responsable de cette opération. Les éléments de l'enquête allemande convergent en ce sens, selon lui.
Paris a immédiatement affiché sa solidarité avec Berlin. Dès le 2 septembre, depuis Eindhoven, Emmanuel Macron avait dénoncé
"cette guerre hybride que mène la Russie"
en Europe.Une "guerre hybride" dénoncée par la diplomatie française
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a réagi avec fermeté. Il a convoqué le chargé d'affaires russe au Quai d'Orsay. Il entendait ainsi
"protester très vivement"
contre ce qu'il qualifie d'"attaque hybride".
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'est exprimé le même jour depuis Bruxelles. Il a appelé les Européens à ne pas se laisser
"diviser par la menace"
. Cette convergence de discours illustre une inquiétude désormais partagée à l'échelle du continent.Par ailleurs, Emmanuel Macron avait dès le 1er septembre plaidé sur X pour de nouvelles sanctions européennes contre Moscou. Le président français relie donc la menace des drones à une réponse politique et diplomatique coordonnée.
La CIA aurait-elle averti la France ? Macron dément
Des médias étrangers avaient évoqué une alerte transmise par les services américains. Le quotidien espagnol El Mundo avait notamment fait état d'un possible risque de drones russes visant l'Espagne, la France ou l'Italie.
Emmanuel Macron a démenti cette version durant son interview. Selon lui, la CIA
"n'a pas informé les services français"
d'une possible attaque de drones russes visant le sud du pays. Ces allégations, publiées par la presse étrangère, restent donc contestées par l'Élysée.Une mobilisation russe de 300 000 hommes jugée "crédible"
Le président a également abordé l'hypothèse d'un renforcement militaire russe. Selon lui, "le scénario crédible aujourd'hui, qui est souvent partagé, est autour de 300 000 hommes".
Il y voit un signal politique clair envoyé par Moscou.
"On est prêt à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass"
, a-t-il résumé. Cependant, il a aussi rappelé le coût humain déjà payé par la Russie: environ 1,2 million d'hommes tués ou blessés depuis février 2022.Une menace de drones qui se multiplie déjà en Europe
L'alerte française s'inscrit dans une série d'incidents récents. Des drones ont ainsi pénétré l'espace aérien polonais, provoquant une condamnation ferme de Paris. L'aéroport de Munich a lui aussi dû suspendre son trafic après un survol suspect.
Des perturbations similaires ont touché des aéroports belges ces dernières semaines. En revanche, aucune de ces intrusions n'a encore causé de dégâts matériels majeurs en France.
Vladimir Poutine a de son côté accusé l'Europe de mener
"une escalade permanente"
dans le conflit ukrainien. Il a également qualifié de "piraterie"
l'interception d'un pétrolier russe au large de Saint-Nazaire par la marine française.Russie-France: Ce qu'il faut retenir
Emmanuel Macron juge désormais possible qu'un drone explosif vise la France, sur le modèle de Leipzig. Cette alerte s'appuie sur une lecture stratégique claire: pour Moscou, l'Europe reste un prolongement du champ de bataille ukrainien.
Le président a par ailleurs démenti toute alerte transmise par la CIA sur une attaque visant le sud de la France. Il a enfin jugé crédible une mobilisation russe de 300 000 hommes, signe d'une pression militaire qui ne faiblit pas.
La multiplication des incidents de drones à travers l'Europe confirme cette tendance. Paris, Berlin et Bruxelles semblent désormais s'aligner sur un même diagnostic: celui d'une guerre hybride, menée par Moscou, aux portes de l'Union européenne.
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