L'Iran ouvert à un accord nucléaire si Washington le veut réellement

La rédaction avec
18:35, 08/04/2025, mardi
AFP
L'Iran ouvert à un accord nucléaire si Washington le veut réellement
ATTA KENARE AFP
Une femme passe devant une fresque représentant le drapeau américain, dont les étoiles ont été remplacées par des crânes et les bandes blanches et rouges par des silhouettes de soldats tirant des fusils d'assaut, peinte sur les murs extérieurs de l'ex-ambassade des États-Unis à Téhéran, surnommée colloquialement le "Spy Den", le 8 avril 2025.

À quelques jours de nouvelles discussions à Oman, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi affirme qu’un accord nucléaire avec les États-Unis reste possible, à condition que Washington fasse preuve de volonté. L’Iran insiste pour des négociations indirectes, rejetant tout dialogue sous pression. Le principal objectif de Téhéran est la levée des sanctions américaines rétablies en 2018 par Donald Trump. Parallèlement, la Russie et la Chine soutiennent ces pourparlers, espérant une désescalade. L’accord de 2015, abandonné par Trump, reste la base des discussions actuelles.

Le chef de la diplomatie iranienne a estimé mardi qu’un accord nucléaire avec les États-Unis restait envisageable, à condition que Washington fasse preuve de bonne volonté. Cette déclaration intervient à la veille de discussions prévues samedi à Oman.


Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé sa participation à ces pourparlers. Il a précisé que leur "objectif principal" était d’obtenir la levée des sanctions américaines, réimposées en 2018 par Donald Trump, et qui asphyxient l’économie iranienne.


Discussions indirectes sous haute tension


Lundi, Donald Trump a surpris en annonçant que les États-Unis menaient actuellement des discussions
"directes"
avec Téhéran. Pourtant, les deux pays n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 45 ans.

L’Iran s’est dit disposé à négocier, tout en rejetant tout dialogue direct imposé sous pression.
"Ces négociations seront menées de manière indirecte et nous n’accepterons aucune autre forme de négociation"
, a rappelé M. Araghchi, cité par l’agence officielle Irna.

Malgré les soupçons persistants des pays occidentaux – États-Unis en tête – sur une éventuelle volonté de Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, l’Iran maintient que ses activités restent strictement civiles, notamment dans le domaine énergétique.


En mars, Donald Trump avait adressé une lettre aux autorités iraniennes pour relancer les discussions sur leur programme nucléaire. Il proposait un nouvel accord pour remplacer celui signé en 2015, devenu caduc après le retrait unilatéral de Washington en 2018.


Dans le même temps, il a menacé l’Iran de bombardements en cas d’échec diplomatique et imposé de nouvelles sanctions ciblant notamment le secteur pétrolier.


Diplomatie parallèle


La rencontre prévue samedi à Oman devrait opposer, de manière indirecte, Abbas Araghchi à l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.
"Si l’autre partie a la volonté nécessaire et suffisante, un accord peut être trouvé. En fin de compte, la balle est dans le camp de l’Amérique",
a déclaré le ministre, toujours selon Irna.

Il a également précisé que le sultanat d’Oman jouerait le rôle de médiateur dans ces échanges.


Parallèlement, l’Iran doit mener mardi à Moscou des consultations avec ses partenaires stratégiques, la Russie et la Chine, sur ce même dossier.


Le Kremlin a salué l’annonce de discussions à Oman.
"Bien sûr, on ne peut que se réjouir de ces échanges car ils peuvent permettre une désescalade des tensions autour de l’Iran"
, a affirmé Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe.

De son côté, la Chine a appelé mardi les États-Unis à faire preuve de "sincérité" dans les négociations.


Le précédent accord toujours en toile de fond


L’accord signé en 2015 entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU – États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni – ainsi que l’Allemagne, prévoyait une levée progressive des sanctions en échange d’un encadrement strict du programme nucléaire iranien.


Mais en 2018, Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord, dénonçant un texte
"inefficace",
et a rétabli les sanctions économiques. En réaction, Téhéran s’est progressivement affranchi de ses engagements et a accéléré son programme.

Les relations entre Washington et Téhéran restent gelées depuis la Révolution islamique de 1979 et la prise d’otages de diplomates américains. Depuis, les contacts se limitent à des canaux indirects, notamment via l’ambassade de Suisse à Téhéran. Oman, et dans une moindre mesure le Qatar, ont souvent servi d’intermédiaires dans le passé.


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