Invitée de l’émission En société, diffusée samedi sur la chaîne de télévision publique française France 5, Magali Lafourcade a relaté avoir reçu, à la demande de l’ambassade des États-Unis à Paris, deux représentants de l’administration Trump.
"J’ai rencontré deux émissaires de l’administration Trump. On devait avoir une discussion sur les droits de l’homme, comme j’en ai régulièrement avec des diplomates de pays alliés. Et assez rapidement, la conversation a tourné autour de la situation pénale de Marine Le Pen"
, a-t-elle expliqué.
"Alerte"
Selon la magistrate, ses interlocuteurs cherchaient à recueillir des éléments susceptibles d’"accréditer l’idée qu’il s’agirait d’un procès purement politique pour l’empêcher d’être candidate"
, dans une démarche qu’elle a qualifiée de recherche "d’éléments avérés d’ingérence"
. Se disant surprise par la teneur de l’échange, tout en soulignant qu’il s’était déroulé de manière courtoise, Magali Lafourcade a indiqué avoir alerté le ministère français des Affaires étrangères, une initiative qu’elle a présentée comme inhabituelle dans ses échanges avec des diplomates étrangers.
"J’ai fait une alerte auprès du ministère des Affaires étrangères sur le contenu de cette conversation. Il me semblait que c’était mon devoir de faire cette alerte-là"
, a-t-elle déclaré, précisant que cette démarche avait été prise "au sérieux" par le Quai d’Orsay.La magistrate a situé cette rencontre au 28 mai 2025. Elle a également évoqué, dans l’émission, des sanctions visant à l’étranger des magistrats ayant statué dans des affaires impliquant des proches de Donald Trump, estimant que ces mesures constituaient des formes d’intimidation préoccupantes.
Vigilance
Magali Lafourcade a toutefois précisé qu’il n’existait "pas de menace actuelle sur les juges français"
, appelant à la vigilance face à ce qu’elle a décrit comme une offensive dépassant le seul cadre national. Dans l’affaire évoquée par Magali Lafourcade, la condamnation de Marine Le Pen fait référence à un jugement rendu le 31 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Paris dans le dossier des assistants parlementaires européens du Rassemblement national (RN).
Dans ce dossier, Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics, notamment pour avoir utilisé des fonds alloués au Parlement européen pour rémunérer des salariés du parti, et a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, ainsi qu’à une peine de cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, ce qui compromet sa possibilité de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
Elle a fait appel de ce jugement, et un nouveau procès en appel est en cours depuis le 13 janvier 2026, avec une décision attendue avant l’été.
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